Rodéos urbains: le RN veut autoriser les policiers à "aller au contact"

Rodéos urbains: le RN veut autoriser les policiers à "aller au contact"
Des policiers français inspecte des mobylettes dans le cadre d'une opération anti-rodéos urbains, à Nantes, le 11 août 2022 - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP
Des policiers français inspecte des mobylettes dans le cadre d'une opération anti-rodéos urbains, à Nantes, le 11 août 2022 - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP

Quelle répression contre les rodéos urbains? Le Rassemblement national a présenté ce mardi devant l'Assemblée nationale un texte qui prévoit de "donner des moyens aux forces de l'ordre" pour "appréhender ceux qui en toute impunité peuvent menacer la vie d'honnêtes citoyens", expose le député Julien Odoul lors d'un point presse. "Il faut modifier le cadre légal", abonde le député Laurent Jacobelli, et "donner aux forces de l'ordre la possibilité d'aller au contact", c'est-à-dire de percuter le deux-roues comme c'est autorisé en Grande-Bretagne.

Concrètement, "lorsqu'on aura averti deux fois le délinquant, au bout de la troisième fois les forces de l'ordre pourront aller au contact", ajoute-t-il, assurant que "c'est la seule méthode qui marche".

"Toucher au porte-feuille"

Dans sa proposition de loi déposée en octobre, le RN rappelle qu'"en 2021, près de 26.900 interventions liées à des rodéos urbains ont été opérées sur notre territoire". Pour punir cette infraction, le groupe d'extrême droite souhaite "toucher au portefeuille" puisque "les frais d'enlèvement du véhicule seront à la charge du délinquant". Et s'il vit dans un logement social, "il en sera expulsé", précise Laurent Jacobelli.

Pour envoyer un "signal fort" face au sentiment d'"impunité", le texte prévoit également de "multiplier par trois le montant de l'amende, qui passe de 15.000 à 45.000 euros, et la durée d'emprisonnement, qui passera d'un an à trois ans". Ce triplement des peines, ainsi que la possibilité d'"interception" du véhicule, font par ailleurs l'objet d'amendements du RN au projet de loi de programmation et d'orientation du ministère de l'Intérieur (Lopmi), actuellement débattue à l'Assemblée nationale.

"Victoire idéologique"

Mardi matin sur France Inter, Marine Le Pen a qualifié cette loi de "petite victoire idéologique" pour son parti.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin "finit par nous donner raison sur un certain nombre de sujets essentiels", a ajouté l'ex-candidate du RN à la présidentielle.

Quant à un éventuel vote favorable de son groupe, "nous verrons le sort qui est fait" à "nos amendements", notamment "l'inscription au fichier des délinquants sexuels des gens qui commettent des outrages sexuels de rue", a-t-elle prévenu.

Article original publié sur BFMTV.com