Robert Ménard lance la charge contre Marine Le Pen

Le maire de Béziers Robert Ménard (photo), proche du Front national, appelle les militants du parti à exercer leur droit d'inventaire, ciblant directement sa présidente Marine Le Pen dans une lettre ouverte dont Le Figaro publie le contenu mardi soir sur son site. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

PARIS (Reuters) - Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, appelle les militants du parti à exercer leur droit d'inventaire, ciblant directement sa présidente Marine Le Pen dans une lettre ouverte dont Le Figaro publie le contenu mardi soir sur son site.

Robert Ménard, qui gravite dans la galaxie FN sans en être adhérent, décrit dans ce texte le "cauchemar" que traverse selon lui un parti réduit à un "champ de ruines" et met en cause ouvertement Marine Le Pen.

"Le problème - personne, dans les rangs du FN, n'ose le dire à haute voix mais beaucoup le répètent en catimini -, c'est qu'après le débat calamiteux, tant sur la forme que sur le fond, qui hante encore nos discussions, on est en droit de s'interroger: si Marine Le Pen a su sortir le FN de l'attitude uniquement protestataire où le cantonnait son père, est-elle aujourd'hui en position de le porter au pouvoir?", écrit le maire de Béziers.

Il fait ainsi référence à la prestation de la présidente du FN lors du débat d'entre-deux-tours de la présidentielle, qui l'avait opposée à Emmanuel Macron.

Les échecs de la présidentielle (33,9% au second tour) et des législatives (huit députés dont deux apparentés, Gilbert Collard et Emmanuelle Ménard, épouse du maire de Béziers) ont attisé les tensions au FN mais les critiques étaient jusqu'ici restées plus feutrées.

"Si nous jetions par dessus bord nos dirigeants, nos idéologues, nos stratèges en chambre ?", propose Robert Ménard.

Le maire de Béziers, tenant de l'union des droites et opposé à la sortie de l'euro - par opposition à la ligne défendue par Florian Philippot -, appelle par ailleurs à "réécrire" le programme du FN.

Il profite de l'occasion pour épingler Florian Philippot, vice-président du FN "manifestement plus soucieux de son avenir que de celui de son parti", mais aussi Marion Maréchal-Le Pen, plus proche de ses positions, estimant qu'elle a "lâch(é) (le parti) au pire des moments".

Marion Maréchal-Le Pen, députée sortante du Vaucluse, a annoncé le 9 mai dernier son retrait - au moins provisoire - de la vie politique.

Le FN, qui s'était fixé pour objectif de cette année électorale d'arriver au pouvoir ou, à défaut, d'obtenir au moins 15 élus à l'Assemblée nationale pour pouvoir former un groupe parlementaire, a entamé sa "refondation" après cette série de déconvenues dans les urnes.

Les dirigeants du parti, réunis en séminaire fin juillet, ont décidé de procéder à une "grande consultation" auprès de ses adhérents en septembre, dans la perspective d'un congrès prévu en février ou mars prochain.

(Myriam Rivet, édité par Tangi Salaün)

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