Le RN reprend espoir d'emporter au moins une région

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Le Rassemblement national, donné en tête au premier tour des élections régionales dans près de la moitié des régions, reprend espoir d'en emporter au moins une, après être revenu bredouille en 2015.

"Transformons l'espoir en victoires" a tweeté mercredi Marine Le Pen, en saluant "la forte dynamique" du RN, donné en tête dans six régions sur 13 (Provence-Alpes Côte d'Azur, Bourgogne-France-Comté, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Bretagne), selon des sondages Ipsos Sopra Steria publiés le même jour.

Mais tout dépendra des alliances et des désistements au second tour. Le parti d'extrême droite, qui voyait en 2015 "quatre ou cinq régions gagnables" n'en avait remporté aucune au final, en raison notamment du désistement de la gauche en Paca et dans les Hauts-de-France.

Les plus gros espoirs du RN se portent sur Paca, où sa recrue venue de LR, Thierry Mariani, vire en tête au premier tour avec 41% des voix (quasiment le score de l'ex-candidate Marion Maréchal en 2015), devant le LR Renaud Muselier (34%). Il est donné vainqueur au second tour "dans tous les cas de figure".

Le RN mise aussi sur le Centre-Val de Loire, où un jeune inconnu, Aleksandar Nikolic (28%), devance le sortant PS François Bonneau (21%), en reléguant le ministre Marc Fesneau à la troisième place, avec un second tour très incertain.

- Crédibiliser -

En Bourgogne-Franche Comté, le candidat RN Julien Odoul reste en tête (28%), malgré une polémique sur le suicide des agriculteurs et des contestations en interne, devant la sortante PS Marie-Guite Dufay et le LR Gilles Platret (tous deux à 21%).

Dans les Hauts-de-France, où Marine Le Pen s'était présentée en 2015, son "chouchou" Sébastien Chenu (32%) est donné au coude-à-coude au premier tour avec le sortant Xavier Bertrand (34%), selon un sondage Ifop pour LCI et Le Figaro. Le second tour s'annonce très serré, comme dans le Grand Est, où Ipsos donne le RN Laurent Jacobelli vainqueur en cas de quadrangulaire.

Pour autant, le niveau du RN dans ces sondages reste dans plusieurs régions en deçà de ses résultats au premier tour en 2015 : Marine Le Pen avait raflé 40,6% des voix dans les Hauts-de-France, son ex-bras droit Florian Philippot 36% dans le Grand Est (aujourd'hui Ipsos donne M. Jacobelli à 25% et M. Philippot à 8%), et Sophie Montel 31,5% en Bourgogne Franche-Comté.

Reste que gagner une seule région - comme gagner Perpignan à l'issue de municipales pourtant décevantes - crédibiliserait la candidature à l'Elysée de la cheffe du RN, qui veut prouver sa capacité à gouverner.

Elle assume d'ailleurs faire campagne sur des problématiques nationales, comme la sécurité, bien que ce ne soit pas une compétence des régions.

- "Bouillie idéologique" -

Marine Le Pen mise aussi sur l'ouverture de ses listes à des candidats extérieurs au parti, issus surtout de la droite, comme les anciens LR Jean-Paul Garraud et Thierry Mariani, et beaucoup de dissidents de Debout la France.

Mais aucune alliance d'appareils ne semble en vue au second tour. LR écarte toujours cette hypothèse et Marine Le Pen reste ainsi maître des nouvelles recrues. "Je suis pour le rassemblement. Mais les gens viennent sur les idées que nous portons nous", expliquait-elle dans le Nord.

Elle parie davantage sur "les électeurs qui sont en désaccord avec les fusions" entre partis, comme LR et LREM, une "bouillie idéologique" à laquelle elle oppose la "clarté" de ses listes, sur lesquelles "pas un (candidat) ne vote Emmanuel Macron", ainsi que sur les abstentionnistes et un front républicain qui a "vécu", selon elle.

Elle plaide aussi pour "l'alternance". "Vous avez essayé la droite, la gauche. (...) Essayez un mouvement national, sage, raisonnable", affirme la dirigeante d'extrême droite, qui a entrepris de "normaliser" son discours pour "rassurer" les Français, en renonçant à sortir la France de l'UE ou de Schengen.

Elle se targue à cet égard d'avoir "dédiabolisé" l'ancien Front national, mais son parti a dû retirer l'investiture, après le dépôt des listes, à plusieurs candidats qui avaient tenus des propos racistes, antisémites, ou avaient été condamnés pour violences conjugales ou agressions sexuelles sur mineur.

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