Le RN, "ennemi des libertés syndicales", attaque Laurent Escure (Unsa)

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Le secrétaire général de l'Unsa Laurent Escure à Paris, le 10 juillet 2020

Le secrétaire général de l'Unsa Laurent Escure attaque frontalement le Rassemblement national, "ennemi des libertés syndicales", dans un discours prononcé devant le Conseil national du syndicat, à la suite du départ de deux responsables de l'Unsa pour le RN.

Une vidéo de ce discours, prononcé mardi, a été mise en ligne et le lien transmis par mégarde à la presse vendredi, selon un conseiller de M. Escure, Éric Pédeboscq.

"Le Rassemblement national est d'abord l'ennemi des libertés et en premier des libertés syndicales", affirme M. Escure.

"Il n'a pas varié depuis sa création dans sa volonté de détruire le syndicalisme tel que nous le connaissons, pour le remplacer par des syndicats à la botte d'un pouvoir qu'il peuvent conquérir", poursuit-il.

Selon M. Escure, le RN veut "supprimer" les moyens humains et financiers des syndicats, ainsi que "l'échelon national interprofessionnel, l'échelon interprofessionnel des branches" pour ne garder que des "syndicats d'entreprises".

C'est un parti "affairiste", "coupable de détournement d'argent public", "un parti animé par une haine des autres, une haine de l'égalité (...) un parti dangereux", "antieuropéen" et même "antirépublicain", accuse-t-il.

Cette virulente prise de position intervient après que deux responsables syndicaux de l'Unsa, le patron de l'Unsa Santé et Cohésion sociale, Stéphane Blanchon, et celui de l'Unsa Finances, Industrie et Services du Premier ministre, Luc Doumont, ont annoncé être candidats sur des listes RN et été exclus.

Sollicité par l'AFP, le RN n'avait pas réagi vendredi soir.

M. Escure dramatise l'enjeu pour l'Unsa, affirmant que le syndicat est à un "tournant".

"Il y a deux options. Soit on considère que le syndicalisme, c'est devenir un expert en décryptage de texte (...) de la feuille de paye (...), soit on considère qu'être à l'Unsa, c'est plus que ça: c'est porter un projet d'émancipation pour les femmes et hommes, un projet de défense de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la laïcité, de l'Europe sociale".

Le Conseil national a adopté mardi une motion réaffirmant "solennellement" l'incompatibilité d'un engagement syndical au sein de l'Unsa avec "un engagement dans un parti extrême tel que le Rassemblement national", par quelque 135 voix sur 150 participants, selon M. Pédeboscq.

M. Escure n'épargne pas les autres syndicats, estimant que la CFTC et la CFE-CGC sont "minées" par l'extrême droite et que FO affirme de "manière hypocrite" une "forme de neutralité politique".

Sollicité par l'AFP, le président de la CFE-CGC François Hommeril a ironisé: "Laurent est visiblement en burn out. Mon commentaire est une suggestion: qu'il prenne un peu de repos".

A l'heure où le RN peut selon lui conquérir le pouvoir en 2022, M. Escure avertit : "si jamais les trois dernières forces à être claires sur la question du RN et de l'extrême droite et de la lutte contre les ennemis de la République se taisent (la CGT, la CFDT et l'Unsa, NDLR), on a perdu".

Il a aussi un mot pour l'Unsa police, une des puissantes fédérations de l'Union. "La FASP, son honneur, ça a été de reconstruire un syndicalisme policier après la guerre en tournant le dos aux forces de police qui ont collaboré pendant l'occupation sous Vichy".

sl/dlm

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