Le RN bientôt chargé de superviser la lutte contre l'antisémitisme et le sida à l'Assemblée?

Le RN bientôt chargé de superviser la lutte contre l'antisémitisme et le sida à l'Assemblée?
Marine Le Pen et ses députés le 24 octobre 2022 à l'Assemblée nationale  - JULIEN DE ROSA/AFP
Marine Le Pen et ses députés le 24 octobre 2022 à l'Assemblée nationale - JULIEN DE ROSA/AFP

De possibles présidences de groupes d'études qui font réagir. Une réunion de l'Assemblée nationale a acté ce mardi soir les groupes d'études créés dans les prochaines semaines tout en fléchant vers les groupes politiques qui pourraient en prendre la direction. Les députés RN seraient susceptibles d'en récolter une douzaine, comme celle sur "l'économie, la sécurité et la souveraineté numérique".

Mais c'est la possibilité de diriger le groupe sur "l'antisémitisme" et le "sida" qui font le plus réagir sur les bancs de la gauche.

"Le groupe d'études 'Antisémitisme" présidé par l’extrême-droite? Inconcevable", a avancé le président du groupe socialiste Boris Vallaud sur son compte Twitter.

Des présidences "impossibles" pour Sandrine Rousseau

Ces groupes d'études sont des structures transpartisanes, des "lieux de discussions et d'échanges irremplaçables" qui permettent aux députés d'"approfondir et suivre des questions spécifiques", en assurant notamment "une veille juridique et technique", résume l'Assemblée nationale.

Cette indignation est partagée par l'écologiste Sandrine Rousseau.

"Le RN qui a les groupes d'études antisémitisme et sida. Un parti fondé par des SS et dont un des dirigeants historiques parlait de mettre les "sidaïques" dans des "sanatoriums". C'est impossible!", a jugé la députée parisienne.

Changer l'image du RN

Alors qu'il existait 122 groupes d'études entre 2017 et 2022, Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, a fait passer la consigne en septembre: il faut réduire leur nombre à 58.

Mission a donc été confiée au député RN Sébastien Chenu, en raison de son statut de vice-président de l'Assemblée, de plancher sur le sujet. Si la liste sera officiellement arrêtée en décembre prochain, le travail du bureau a déjà acté la création ou le maintien des groupes.

Les élus de Marine Le Pen ont également saisi l'occasion de se positionner prioritairement sur la présidence du groupe de lutte contre l'antisémitisme - un symbole très fort pour le parti qui tente de se notabiliser depuis son retour en force à l'Assemblée nationale avec 89 députés en juin derier.

"Hors de question" pour l'actuel président du groupe

Au sein de la majorité présidentielle, les réticences sont également vives. En cause notamment: l'histoire du mouvement. Jean-Marie Le Pen, le cofondateur du FN/RN a par exemple été condamné pour "provocation à la haine", "contestation de crime contre l'humanité" ou encore "injure publique raciale".

Le profil du député du Var, Frédéric Boccaletti, qui a fondé une librairie connue pour proposer des ouvrages négationnistes, avait également suscité la polémique à son arrivée au Palais-Bourbon lors des dernières législatives.

"La répartition des groupes d'études de l'assemblée n'a pas été actée. Nous nous opposons à l'attribution du groupe sur l'antisémitisme au RN. Ce groupe a toujours fait partie de la majorité et doit le rester", a pointé du doigt le député Renaissance, Benjamin Haddad sur son compte Twitter.

"Il est en hors de question", a encore tancé l'actuel président du groupe de lutte contre l'antisémitisme, Sylvain Maillard, dans les colonnes du Journal du dimanche.

"Nous avons toute la légitimité", assure Chenu

Du côté du Rassemblement national, on défend la volonté de présider ce groupe d'études.

"Nous sommes les premiers à nous être positionnés. Renaissance ne l'a fait qu'après nous. C'est une thématique importante dans la société française et nous souhaitons voir concrètement comment il est possible de lutter contre l'antisémitisme", explique à BFMTV.com Sébastien Chenu.

"Nous avons toute légimité pour faire avancer ce sujet", juge encore le vice-président RN de l'Assemblée.

Une nouvelle réunion se tiendra la semaine prochaine lors de laquelle les différents groupes politiques pourront débattre à nouveau des présidences avant que le bureau de l'Assemblée nationale ne valide ou non cette liste en décembre prochain.

Ce n'est pas la première fois qu'une polémique éclate sur la question des groupes d'études. Fin octobre, La France insoumise avait accusé le RN d'avoir mis fin à plusieurs groupes d'études comme celui sur l'accueil des personnes migrantes ou dédié aux discriminations et LGBTQI-phobies dans le monde

Article original publié sur BFMTV.com