Riyad et Moscou s'engagent dans une guerre du pétrole sur fond de coronavirus

Alors que le coronavirus a réduit l'activité économique mondiale et provoque une baisse des prix du baril, l'Arabie saoudite et la Russie se sont lancées dans un affrontement sans merci. Lundi 9 mars, les cours avaient connu leur pire chute depuis près de trente ans, plongeant de près de 25%. Aujourd'hui, de nouvelles annonces agressives côté saoudien, et des déclarations provocatrices côté russe, font à nouveau plonger les cours.

Acculée, l'Arabie saoudite joue la carte inverse de sa stratégie de départ : afin de ne pas laisser le champ libre aux Russes, Riyad augmente sa capacité de production. La production quotidienne de 3,5 millions de barils supplémentaires a été décidée mardi et ce mercredi, pour un niveau record de 13 millions de barils par jour.

La semaine dernière encore, l'Arabie saoudite voulait réduire la production mondiale de pétrole, pour maintenir les prix à un certain niveau. Mais la Russie, deuxième producteur mondial, préfère voir les prix chuter plutôt que de perdre ses parts de marché et a refusé catégoriquement cette option, car réduire sa production aurait en effet laissé la voie libre au pétrole de schiste américain.

La Russie veut s'attaquer au pétrole américain

À l'inverse, laisser les prix s'effondrer est aussi une manière pour les Russes de s'attaquer aux États-Unis, devenus leaders mondiaux du pétrole il y a cinq ans, mais au prix de très lourds emprunts, qu'il s'agit aujourd'hui de rembourser.

Vladimir Poutine se pose donc en joueur d'échecs, et se dit « certain » que l'économie russe sortira « très renforcée » de cette séquence.

Il faut dire que la Russie dispose de confortables réserves financières, avec un fonds souverain prévu précisément pour faire face, sur la durée, à une baisse des prix du pétrole.