La rivières des disparues de Liz Moore

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Tout commence par "La" liste. En début de roman. Une liste de noms jetés là un peu bizarrement par la romancière américaine Liz Moore. D'ailleurs, on y jette un coup d'oeil vaguement blasé, on zigzague. Par acquis de conscience, on cherche sur Internet, on ne trouve pas grand chose. On devra se contenter des maigres explications de l'auteur comme "le petit ami de", "la petite-fille de". On s'interroge, perplexe. Ces noms appartiennent-ils au roman, oui ou non? Puis, c'est l'alerte, les signaux rouges.

"Notre voisin, notre cousine Tracy, notre cousine, Shannon." "Notre mère, Notre mère." Des personnes toutes parties, asservies par la drogue. Si le livre de Liz Moore n'est pas autobiographique, il n'en demeure pas moins un cri feutré et personnel face à une catastrophe qui touche toutes les classes sociales en Amérique. "Un cortège, un flot sans source ni embouchure, longue rivière lumineuse d'âmes disparues." Un cri d'alarme et d'amour silencieux.

La crise des opioïdes au coeur du roman

C'est le quatrième livre de Liz Moore. En 2009, elle accompagne le photographe Jeffrey Stockbridge dans Kensington. Il travaille sur un sujet qui ne fait pas encore la une des médias américains, les opioïdes. Le choc. Puis ce sera dix ans de recherches, d'interviews, pour aboutir à ce très puissant roman, "La Rivière des disparues" où la romancière a su capter la tragédie d'une époque avec une intrigue aussi précise que le chas d'une aiguille. Tout est raconté par les yeux de Michaela "Mic...


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