Rivalités franco-allemandes dans la politique spatiale européenne

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Revue de presse Allemagne. L'espace marquerait-il une nouvelle frontière entre l'Allemagne et la France ? Notre voisin voit d'un œil inquiet le rôle prédominant joué par la France dans la politique spatiale européenne, qu'elle considère comme une stratégie de monopole. Elle en veut pour preuve l'éviction récente du directeur de l'ESA, Johann-Dietrich Wörner. Seul moyen de contrecarrer les visées des grands groupes français, investir le New Space et proposer des technologies innovantes adaptées aux exigences futures du secteur spatial.

Il est une tradition que l'Allemagne souhaiterait voir disparaître : sa relégation au second plan dans la politique spatiale européenne. Certes, l'administration fédérale n'y a longtemps accordé que peu d'intérêt, permettant à la France de s'arroger un pouvoir décisionnel, au service des grandes entreprises dont l'État est actionnaire, comme Thales, Airbus et Safran, qui se partagent le marché. Mais le New Space et la nécessaire accélération du passage à la voiture électrique changent à présent la donne et voilà que l'Allemagne se targue de nouvelles velléités, car ses entreprises vont très vite avoir besoin d'un accès à l'espace. Deux visions s'affrontent : la France désirant maintenir une situation de monopole, tandis que l'Allemagne souhaiterait introduire de la concurrence, sur les lanceurs, les satellites et le pas de tir.
Les deux protagonistes français au service de cette vision monopolistique sont nommément désignés par la . Le chef de l'État tout d'abord, Emmanuel Macron, qui veut garder la main sur le commandement des voyages spatiaux européens. Sa première évocation d'un programme de microlanceurs en février 2021 serait pour les observateurs le signe d'une inquiétude croissante face à la nouvelle concurrence qui s'annonce – même s'il l'a balayée d'un revers de main en réaffirmant l'inutilité d'une diversification des projets. Deuxième protagoniste de cet habile marché de dupes : Thierry Breton, commissaire européen chargé de la politique industrielle, considéré par l'Allemagne comme le défenseur des intérêts français.
Dans ce conflit larvé, les frustrations refont surface : l'absence de réels appels d'offres pour divers marchés, comme le moteur-fusée de nouvelle génération Prometheus, ou le revers subi par le constructeur allemand OHB, qui avait fièrement fabriqué la première génération de satellites de navigation Galileo et qui a vu le contrat pour la seconde génération lui filer sous le nez. Une décision prise en dépit du bon sens, selon le commissair[...]

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