Risque de tumeur sous Androcur : «Informer toutes les femmes est essentiel»

Florence Méréo
Emmanuelle Huet-Mignaton, 54 ans, entend aller en justice pour que «toutes les responsabilités» soient établies

À cause de son traitement par Androcur, Emmanuelle a été opérée d’une tumeur au cerveau «grosse comme une orange». Des courriers vont être envoyés aux femmes pour les inciter à consulter leur médecin.


Parmi les choses qu’aime faire Emmanuelle Huet-Mignaton, il y a discuter. Mais sa voix claire, calme, trébuche parfois. « Des petits bugs », résume la quinquagénaire qui, en plus d’écrire, a dû réapprendre à parler. C’était après l’opération de sa tumeur au cerveau « grosse comme une orange », décrit-elle. Un méningiome (à ne pas confondre avec un cancer) qu’elle doit vraisemblablement à l’Androcur, un médicament qui lui a été prescrit pendant près de quatorze ans.

Aujourd’hui, l’habitante de Caen (Calvados) se réjouit. 80 000 patients sous Androcur vont recevoir ces jours-ci de la Sécurité sociale un courrier d’information. Il stipule le risque, multiplié par sept, de développer une tumeur et invite chacun à consulter son médecin pour d’éventuels examens. « C’est une très bonne chose. Informer toutes les femmes est essentiel. Beaucoup ne sont pas au courant », insiste-t-elle.

Attention, Emmanuelle, 54 ans, ne repose pas pour autant son bâton de pèlerin. Déjà, elle veut continuer à fédérer et soutenir les patientes avec Amavea, l’association qu’elle a cofondée avec Nathalie Grillot, une autre victime. Et puis, elle entend aller en justice pour que « toutes les responsabilités » soient établies. Elle veut savoir de qui vient la faute : laboratoire, autorités de santé, médecins ?

Prescrit malgré les alertes

Jusqu’à sa maladie sur ordonnance, cette mère de deux garçons était analyste financière à la Banque de France. En 2003, elle est opérée pour calmer son endométriose handicapante. Dans la foulée, le médecin lui prescrit de l’Androcur qui, outre assurer sa contraception, stoppe les douleurs et saignements. L’autorisation de mise sur le marché du médicament de Bayer ne concerne pourtant que la pilosité extrême chez la femme et le soin de certaines formes de cancer de la (...)

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