"Rien n'aurait pu justifier la rémunération perçue" : pourquoi le tribunal a lourdement condamné François Fillon pour les emplois fictifs de sa femme

Violaine Jaussent

"Le tribunal [va] prononcer une sanction sévère." D'une voix douce mais ferme, la présidente du tribunal, Nathalie Gavarino, prévient François Fillon, son épouse et son ancien suppléant à l'Assemblée, Marc Joulaud, les yeux dans les yeux. Ce lundi 29 juin, elle vient de les déclarer coupables de détournement de fonds publics ou de complicité de ce délit. Elle a fait venir le trio à la barre. Nathalie Gavarino annonce les peines, assorties d'amendes et d'inéligibilité, quelques minutes plus tard : l'ancien Premier ministre est condamné à cinq ans de prison, dont deux ferme, Penelope Fillon et Marc Joulaud à trois ans de prison avec sursis.

Les trois prévenus accusent le coup. Ils retournent s'asseoir sans trahir aucune émotion. A la sortie de l'audience, ils filent sans un mot, le visage dissimulé derrière un masque sanitaire. Leurs avocats prennent la parole en leur nom. "Cette décision, qui n'est pas juste, va être frappée d'appel. Il y aura donc un nouveau procès", annonce sans ambages Antonin Lévy, l'avocat de François Fillon. Avec ses confrères de la défense, il avait demandé la semaine passée à la présidente du tribunal de rouvrir les débats, en écho aux récentes déclarations de l'ancienne cheffe du Parquet national financier (PNF), Eliane Houlette, qui a fait état de pressions procédurales de sa hiérarchie pendant (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi