Rhône-Alpes : la ligue de football octroie une licence "dirigeant" à un éducateur jugé pour viol sur mineur

En Haute-Savoie, un éducateur s’est vu retiré sa licence car il était condamné pour viol sur mineur… avant que la Ligue ne lui délivre une licence « dirigeant ». (Getty Images)

Le 11 mars 2022, la Ligue Auvergne Rhône-Alpes a accordé une licence “dirigeant” à un éducateur condamné pour viol sur mineur alors qu’en février, la même ligue lui avait retiré sa licence éducateur. Fin mai 2022, le dirigeant est accusé d’avoir récidivé par des faits d’attouchements sur mineurs lors d’un séjour au Puy du Fou avec le club.

L'éducateur, cinquante ans, célibataire, était dans le club depuis dix ans. Vice-président de l’US Pringy, un club de football amateur en Rhône-Alpes, il était chargé de la vie sportive et avait toute la confiance de son président. Jusqu’au point semble-t-il de demander à la Ligue Rhône-Alpes, le 9 mars 2022, une licence “dirigeant” pour un homme pourtant fiché comme délinquant sexuel.

Le 21 février, trois semaines plus tôt, sa licence “éducateur général” lui avait en effet été retirée par la ligue suite à un signalement, le 13 janvier 2022, de la DRJSCS. La Délégation régionale académique à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports avait en effet averti l’US Pringy que l'éducateur était fiché comme délinquant sexuel, selon le site Foot Amateur.

Condamné pour viol

Le 11 mars 2022, la ligue a accordé à l'éducateur sa licence “dirigeant” malgré la suppression de sa licence “éducateur général” un mois plus tôt. La ligue a affirmé qu’elle n’avait pas été compétente pour interdire cette licence puisque les critères “d'honorabilité” fixé par le Ministère s’applique à ce jour seulement sur les éducateurs et les dirigeants administrateurs de club (président, secrétaire, trésorier). Vice-président du club, l'éducateur a donc pu accompagner une équipe de jeunes de 13 ans à un séjour au Puy du Fou fin mai 2022. À son retour, il a été accusé d’avoir procédé à des attouchements et une enquête a été ouverte.

La Procureure de la République d’Annecy, Line Bonnet, avait affirmé en juin dernier que l'éducateur "avait été condamné pour viol dans une autre région. Une condamnation à une interdiction définitive de rentrer en contact avec des mineurs. Cela n’interdit pas de tenir une buvette, mais cela ne permet pas d’encadrer un séjour. Cet homme n’entrainait pas les enfants mais l’enquête devra déterminer les responsabilités". Le président de l’US Pringy a démissionné et la ligue a interdit à l'éducateur, le 5 septembre dernier, toute prise de licence.