Pour la revue scientifique “Nature”, une victoire de Le Pen serait un désastre

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Pour la revue scientifique “Nature”, une victoire de Le Pen serait un désastre
CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

Les éventuels gains à court terme en matière de financement seront totalement annulés par le désastre général que serait une victoire de Le Pen.

Nature

Éditorial

Dans un éditorial publié le 19 avril, Nature met en garde contre une victoire de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française, que la revue juge catastrophique pour la recherche, la France et l’Europe. Ce n’est pas la première fois que la publication scientifique britannique regarde de près ce qui se passe de ce côté de la Manche au moment des élections. Elle avait d’ailleurs accueilli avec intérêt la victoire d’Emmanuel Macron en 2017. Mais il est rare qu’une revue scientifique prenne position entre les deux tours.

“La science n’a jamais pesé bien lourd dans une élection française, et ce scrutin ne fait pas exception”, note Nature, qui constate néanmoins que la candidate du Rassemblement national fait des appels du pied aux scientifiques déçus, voire agacés par les dernières réformes des institutions de recherche.

Lancées entre 2007 et 2009 par Nicolas Sarkozy et poursuivies par Emmanuel Macron, ces réformes ont notamment pour but d’aligner le mode de fonctionnement des universités et des systèmes de financement français sur ceux des États-Unis et du Royaume-Uni. Quant à la pertinence du crédit impôt recherche (CIR), destiné à encourager la R & D des entreprises françaises, elle est régulièrement mise en question. La rivale du président sortant a annoncé qu’elle annulerait ces réformes.

Restriction de la liberté académique en vue

Néanmoins, prévient Nature, “quand bien même la politique de Marine Le Pen concernant les réformes de Sarkozy serait saluée par certains chercheurs, ce ne sera certainement pas le cas du programme de gouvernement du Rassemblement national”. En outre, la mise en œuvre de plusieurs promesses de la candidate pourrait entraver le bon fonctionnement de la recherche. La revue signale en particulier :

“la politique de restriction de l’immigration, susceptible de nuire aux collaborations avec des scientifiques d’autres pays”.

“Les universités et les bailleurs de fonds de la recherche doivent également faire face à la possibilité qu’un gouvernement Le Pen cherche à restreindre la liberté académique”, soutient Nature. Et même si la candidate ne parle plus de sortir de l’Union européenne (UE), sa politique créerait sans aucun doute de graves tensions avec les pays membres, comme c’est déjà le cas entre l’UE et la Hongrie. Quelques jours après la victoire de Viktor Orban, rappelle Nature, “la Commission européenne à Bruxelles a lancé un processus qui pourrait conduire la Hongrie à perdre des milliards d’euros de financement, dans le cadre de ce qu’on appelle un ‘mécanisme de conditionnalité'”.

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