« Revoir Paris », le film sur le 13-Novembre qui prend le relais de la mémoire

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13-NOVEMBRE - Continuer de raconter notre histoire collective. Le procès des attentats du 13-Novembre a livré son verdict avant l’été, marquant la fin de dix mois de témoignages et de plaidoiries devant la cour d’assises spéciale de Paris. Symboliquement, c’est désormais la fiction qui prend le relais de ces récits avec la sortie prochaine au cinéma de deux films, avec deux points de vue complètement différents.

Dans Revoir Paris, en salles ce mercredi 7 septembre, la cinéaste Alice Winocour filme le quotidien de Mia (Virginie Efira, d’une justesse incroyable), trois mois après avoir survécu à un attentat terroriste dans un bistro. Si ses cicatrices physiques se referment, elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et ne se souvient de l’évènement que par bribes. Elle décide alors de revenir sur les lieux du drame et d’enquêter dans sa mémoire aux côtés, notamment, d’autres survivants dont Thomas (Benoît Magimel) qui, lui, aurait préféré oublier les moindres détails de cette nuit gravée dans sa tête.

Si Alice Winocour a préféré mettre en scène un « attentat imaginaire » qui n’évite pas des images difficiles de corps qui s’effondrent, elle raconte s’être surtout « nourrie de [ses] rencontres avec des survivants » parmi lesquels son frère, qui était au Bataclan le soir du 13 novembre 2015. Le sujet est lourd, mais Revoir Paris est un film tendre, sur la reconstruction et le retour de la vie. « J’ai voulu raconter l’histoire de quelqu’un qui ne voulait pas seulement survivre, mais surtout vivre », soufflait la cinéaste gagnée par l’émotion le soir de la projection du film à au Festival de Cannes.

« Beaucoup de sobriété, aucune emphase »

C’est dans un tout autre registre que Cédric Jimenez déroule, lui, une histoire qui a le même point de départ. Un an après Bac Nord sur les flics de Marseille, le réalisateur s’immerge cette fois avec Novembre dans la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire pour raconter les premières heures intenses d’une enquête démarrée dans la nuit du 13 au 14 novembre.

Cinq jours durant, les résultats espérés par la France entière se font attendre : les policiers (menés par Jean Dujardin, avec aussi Anaïs Demoustier et Sami Outalbali) luttent contre des accès de fatigue et de colère et accumulent les fausses pistes. Un témoignage d’une amie de la « logeuse » des islamistes (Lyna Khoudri bouleversante) va finalement s’avérer décisif pour les conduire à l’appartement de Saint-Denis où ils se terraient.

Jean Dujardin en commandant de la sous-direction anti-terroriste dans  « Novembre » de Cédric Jimenez, au cinéma le 5 octobre
2021 RECIFILMS - CHI-FOU-MI PRODUCTIONS - STUDIOCANAL - FRANCE 2 CINEMA - UMEDIA Jean Dujardin en commandant de la sous-direction anti-terroriste dans « Novembre » de Cédric Jimenez, au cinéma le 5 octobre

2021 RECIFILMS - CHI-FOU-MI PRODUCTIONS - STUDIOCANAL - FRANCE 2 CINEMA - UMEDIA

Jean Dujardin en commandant de la sous-direction anti-terroriste dans  « Novembre » de Cédric Jimenez, au cinéma le 5 octobre

Film policier au rythme effréné entre des scènes de filature haletantes et un assaut final assourdissant, Novembre est précis, froid, presque aseptisé. Une volonté du réalisateur de se placer uniquement du point de vue de l’enquête et de ne surtout pas « montrer les attentats », assure-t-il. « Beaucoup de sobriété, aucune emphase. On essaie de rester à hauteur, avec sobriété. Que ce soit dans le jeu, dans la mise en scène, dans la musique, dans le montage. De la sobriété et de la droiture. » Il sera en salles le 5 octobre.

Le cinéma fait son « devoir de mémoire »

Près de sept ans après les attentats qui ont fait 130 morts, dont 90 au Bataclan, sommes-nous prêts à revivre ces événements au cinéma ? Au Festival de Cannes, où ces deux longs-métrages avaient été projetés pour la première fois en public, les avis divergeaient. Pour certains spectateurs, il était « un peu tôt encore », tandis que d’autres évoquaient le fait que le « devoir de mémoire » passe aussi par le 7e art. « Les artistes doivent raconter ces histoires même si on n’est pas encore prêts à les recevoir », assurait un critique au micro du HuffPost.

Interrogée par France 24 au moment de la sortie de Traque à Boston sur l’attentat du marathon de 2013, Juliette Palacin, psychologue clinicienne à l’Institut national d’aide aux victimes et de médiation (INAVEM), expliquait que « dans le meilleur des cas, voir un film qui fait revivre le drame peut avoir un rôle cathartique et libérer les angoisses ». « Mais cela peut aussi raviver des blessures » ou entraîner « de la souffrance » même chez ceux qui n’ont pas vécu directement un attentat.

Et d’ajouter, qu’à condition que cela soit fait avec intelligence et justesse, voir des films raconter les attentats peut aussi aider les victimes à voir « la collectivité reconnaître la réalité de l’événement et leur état de victime ».

En 2018, Netflix avait confié aux Français Jules et Gédéon Naudet la réalisation d’un documentaire chronologique en trois parties, donnant principalement la parole aux rescapés, 13 novembre : Fluctuat nec mergitur. Puis en 2019, France2 avait été la première chaîne à diffuser une fiction se déroulant le soir des attentats du 13-Novembre, à proximité du Bataclan, avec Ce soir-là et les jours d’après.

Tout comme Steven Spielberg a raconté Munich, Oliver Stone World Trade Center ou Peter Berg Traque à Boston, il aura fallu attendre 2022 pour voir le cinéma français s’emparer à son tour de ce pan de notre histoire collective.

À voir également sur Le HuffPost : Les avis divergent sur le timing de ce film sur les attentats du 13-Novembre

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