Revirement de Takieddine: Plenel estime que "32 secondes de vidéo n'annulent pas 7 ans d'enquête"

Ambre Lepoivre
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Pour le journaliste de Mediapart, le retrait des accusations de Takieddine contre Sarkozy ne remet pas en cause les charges qui pèsent contre l'ancien président dans l'affaire des financements libyens.

"Ce témoignage n'est pas la pierre angulaire de l’accusation contre Nicolas Sarkozy." Dans un volt-face inattendu, l'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, en fuite à Beyrouth, a affirmé que "Nicolas Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle". Il a ainsi contredit une version qu'il maintenait depuis quatre années.

Dès 2016, Ziad Takieddine avait en effet avoué à Mediapart avoir personnellement remis, en 2006 et 2007, 5 millions d'euros en liquide provenant de Libye. Il avait alors expliqué avoir donné l'argent à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur.

"Est-ce que c'est normal qu'un ancien président de la République soit trainé dans la boue comme je le suis depuis huit ans, sur les seules déclarations d'un individu qui a menti ?", s'est interrogé Nicolas Sarkozy invité vendredi soir sur le plateau de BFMTV.

"Preuves matérielles"

Mais pour Edwy Plenel, co-fondateur de Mediapart, ce rétropédalage de Ziad Takiedienne ne change rien aux charges qui pèsent contre l'ancien président de la République.

"Ces 32 secondes ne vont pas annuler plus de 7 ans d’enquête judiciaire, avec des indices concordants. Le dossier n’est pas basé sur ce seul témoignage, il y a des preuves matérielles", a affirmé le journaliste qui a révélé l'affaire des soupçons de financements libyens.

"Les mises en examen intervenues dans ce dossier s'appuient, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d'une seule personne", a déjà rappelé la semaine dernière le procureur national financier, Jean-François Bohnert, dans un communiqué.

"Bobards"

Nicolas Sarkozy conteste les mises en examen qui pèsent sur lui. "Je ne suis pas un pourri, et ce qui m'est infligé est un scandale qui finira dans les annales", a-t-affirmé vendredi.

"Nous ne sommes pas obligés de croire les bobards d’un homme politique qui veut se défendre avant de passer devant un tribunal", a réagi ce dimanche soir Edwy Plenel.

Ayant maille à partir avec la justice, Nicolas Sarkozy sera jugé à partir du 23 novembre dans une autre affaire, celle des "écoutes".

Article original publié sur BFMTV.com

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