Revirement sur la primaire, équipe remaniée, début de campagne raté... Hidalgo en pleine tourmente

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La candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, le 17 décembre 2021 - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
La candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, le 17 décembre 2021 - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Ça tangue au parti à la rose. L'ambiance s'est tendue ces derniers jours au sein de l'équipe de campagne d'Anne Hidalgo, et plus largement au sein du Parti socialiste. Plus d'une centaine de personnes ont participé ce mardi au bureau national du PS, au cours duquel de nombreux présidents de fédérations ont fait part de leur déception face à la stratégie mouvante de la candidate.

"La candidate propose une primaire puis finalement renonce alors que la primaire populaire va avoir lieu. On a commencé à faire campagne pour cette primaire et maintenant on nous dit qu'elle n'y participe plus. On n'y comprend plus rien!" rapporte un participant à BFMTV.

Olivier Faure accusé de mener un double jeu

Rappel des faits: d'abord hostile à l'exercice, Anne Hidalgo avait finalement exprimé son intention de participer à une primaire et même lancé un appel à ses rivaux de gauche. Une proposition qui a fait un flop et dont la maire de Paris a pris acte: en l'absence de Yannick Jadot à la primaire populaire, elle n'ira pas.

Une décision qui divise chez les socialistes. Olivier Faure aurait alors acté mardi soir, dès le début de la réunion, la non-participation de sa candidate à la primaire populaire, mais pas suffisamment clairement aux yeux de certains. Dans l'équipe de campagne d'Anne Hidalgo, certains s'interrogent sur le double jeu du Premier secrétaire du parti.

"Je comprends que ça puisse interroger. Olivier Faure doit faire la synthèse entre ceux qui disent 'il faut se mettre derrière Taubira', ceux qui disent 'il faut aller à la primaire populaire' et ceux qui disent qu'il faut continuer coûte que coûte", nous confie un cadre du parti. 876450610001_6290606477001

"On mobilise nos militants pour s'inscrire à la primaire populaire"

Car si Anne Hidalgo ne participe pas officiellement à la primaire populaire, son nom sera toutefois testé comme celui de Christiane Taubira, partie prenante, et de Yannick Jadot.

"On mobilise nos militants pour s'inscrire à la primaire populaire et voter Anne Hidalgo. Mais Mélenchon fait ça aussi, il noyaute!", confesse à BFMTV un proche de la candidate, également cadre du parti.

Certains, dans l'entourage de la candidate socialiste, se prennent à rêver d'une victoire de Jean-Luc Mélenchon lors de cette primaire populaire, ce qui mettrait hors-jeu l'ancienne garde des Sceaux.

"Si Christiane Taubira gagne avec une très large avance, si Anne Hidalgo est écrasée en dessous de 5%, et que derrière deux sondages donnent Taubira au-dessus de 10%, forcément, on réunira la candidate et on devra aviser", poursuit ce même élu socialiste.

Traduction: couper les crédits, enlever le logo des affiches et retirer le soutien du parti à Anne Hidalgo. Mais le PS n'en est pas là: "Je ne crois pas en Christiane Taubira", nous assure ce cadre du parti.

Une équipe de campagne remaniée

Pour se détacher de la direction du parti qui parfois louvoie, Anne Hidalgo a fait venir au sein de son comité politique des figures du PS issues de la ligne minoritaire, opposée à la motion d'Olivier Faure au parti: Patrick Menucci, Jean Jacques Urvoas, Hélène Geoffroy.

"On représente la minorité du parti, une minorité à 30%, c'est normal qu'elle nous prenne dans sa campagne", nous répond Patrick Menucci, "À l'époque de Royal, il y avait autour d'elle Fabius, DSK... C'est pareil aujourd'hui, même si les noms sont moins clinquants."

Sauf que depuis l'entrée de ces dissidents dans l'équipe, certains auprès de la candidate s'interrogent de fuites dans la presse: "On les a fait rentrer dans la campagne le lundi, et le mardi, des fuites dans la presse racontent les coulisses et les tensions au sein du bureau national. Ce qu'ils veulent c'est la peau d'Olivier Faure!", estime un cadre.

Échec de son "équipe de France des maires"?

Lors de la réunion de campagne hier matin, Anne Hidalgo a également tapé du point sur la table et interpellé son "équipe de France des maires", partis en fanfare derrière la candidate, mais très discrets depuis.

"Vous êtes où l'équipe de France des maires?", a tonné la candidate à ces élus réunis en visioconférence. "Personne n'a répondu, tout le monde a baissé la tête", explique un participant à BFMTV.

Et en effet, en coulisses, l'échec patant de cette stratégie fait grincer des dents: "Monsieur Sécurité (Michaël Delafosse, maire de Montpellier, NDLR) on ne le voit pas beaucoup à l'élaboration du projet" dit un soutien de la campagne.

"Anne Hidalgo a pensé avoir trouvé des homologues", relate un autre. "Mais vous n'êtes pas, quand vous êtes maire de Paris, au même niveau qu'un maire d'une ville moyenne. On a pu se rendre compte qu'ils n'avaient pas de réseau, pas de connaissance de la vie politique nationale, pas de poids. Ils ont dû avoir deux-trois administrés qui leur ont dit 'votre candidate ce n'est pas possible, ça ne prend pas', et ils se sont carapatés dans leurs mairies."

Article original publié sur BFMTV.com

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