"Revenir aux urnes peut être un chemin" : Borne évoque à son tour une dissolution de l'Assemblée

La Première ministre, Élisabeth Borne à la sortie du Conseil des ministres, le 19 octobre 2022 à l'Élysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
La Première ministre, Élisabeth Borne à la sortie du Conseil des ministres, le 19 octobre 2022 à l'Élysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

La Première ministre reproche à la Nupes de s'être réjouie du soutien du RN pour tenter de renverser le gouvernement. Elle évoque une alliance "choquante", qui pourrait aboutir à une dissolution de l'Assemblée en cas de blocage durable.

La dissolution de l'Assemblée nationale encore sur la table ? Élisabeth Borne a évoqué la possibilité d'une dissolution en cas de blocage durable de la part des députés, dans une interview donnée au quotidien portugais Publico ce samedi. Cette prise de parole intervient après que les députés de la Nupes et du RN ont déposé ces derniers jours plusieurs motions de censure contre le gouvernement.

"S’il y a une alliance pour faire tomber le gouvernement de la part de groupes qui ne peuvent pas gouverner ensemble, revenir aux urnes peut être un chemin", a-t-elle laissé entendre.

La menace d'une dissolution a été brandie par Emmanuel Macron en septembre dernier si l'Assemblée nationale ne parvenait pas à faire adopter la réforme des retraites en janvier prochain.

"Une impasse"

La Première ministre a par ailleurs déploré que la Nupes et le RN aient voté ensemble une motion de censure visant le gouvernement, parlant d'une alliance "choquante" et conduisant à une "impasse".

"Certains leaders de gauche (...) se sont réjoui du soutien du RN, et ce que cela montre c’est que pour ce parti de gauche (...) et dans cette alliance de la Nupes, certains sont prêts à tout pour faire tomber le gouvernement, y compris à abandonner leurs valeurs", a-t-elle estimé.

Plusieurs motions de censure ont été déposées ces derniers jours en réponse au recours au 49.3 de la part de l'exécutif. Ces dispositions, si elles sont adoptées, permettent de renverser le gouvernement. Mais pour l'heure, insiste Élisabeth Borne, "on voit bien qu’il n’y a pas de majorité crédible qui puisse exister entre la Nupes et le RN, les électeurs ne partagent d’aucune façon la même vision de la société".

L'article de la Constitution a déjà été enclenché à trois reprises par le gouvernement pour voter le budget 2023 et celui de la Sécurité sociale.

La participation du RN au vote de la première motion de censure déposée par la Nupes avait créé du malaise dans les rangs de la gauche et provoqué les critiques de la droite et de la majorité, qui dénonçaient une collusion entre le RN et la Nupes.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Retraites : la menace de dissolution de Macron face à la motion de censure