Retrouvailles avec la Tanzanie

Photo Sophie Squillace

Pour notre dernière nuit dans ce petit pays, nous campons au bord du lac Malawi, sur le terrain d’un couple hollandais en charge d’une organisation humanitaire, la Floja Foundation. Sur ce vaste emplacement, un garde pour la nuit vient se présenter dans un anglais parfait. Geoffrey veillera sur nous discrètement sous la pleine lune qui se reflète sur le lac. Repas de fête : salade avocat-tomate et pommes de terre au barbecue. La petite somme que les campeurs laissent finance en partie une école de plus de cent élèves, dont plusieurs dizaines nous saluent à notre arrivée. Quel engagement ! Pendant que certains roulent à moto, d’autres s’occupent d’enfants à élever. Et pas les leurs en plus.

Nous partons tôt le matin pour nos derniers kilomètres au Malawi. Les premières heures du jour sont splendides. Une étape des plus charmantes, très différente de ce que nous avons déjà vu. Nous avons quitté les reliefs, tout devient plus doux, plus vert encore, plus vivant ! Il y a un air d’Asie du Sud-Est avec les rizières, le bétail de partout et les gens qui nous saluent depuis leurs champs au bord de la route. C’est moi où tout le monde me sourit ? C’est vraiment enchanteur. Ça fait du bien, ces regards et ces sourires échangés. Cela paraît un peu idiot dit comme ça, mais vraiment, pour ces dernières heures au Malawi, tout me réchauffe le cœur. Peu de trafic, aucun artifice ni équipement du monde moderne, pas de lignes électriques à outrance ni de panneaux publicitaires. Chaque carrefour est d’un grand calme. L'air est pur.

“Karibu sana” : bienvenue en Tanzanie !

Quelque part entre le lac Malawi et la Tanzanie, mon vocabulaire s’est appauvri sur cette route. “Magnifique ! ” Il ne restait que ce mot dans ma bouche. Magnifique de voir cette route qui serpente au loin. Magnifique de longer ces terres qui marquent la frontière entre le petit Malawi et la grande Tanzanie. Magnifique de faire coucou à tous ces gens à vélo. Magnifique de se sentir si minuscule face au monde qui nous entoure. Magnifique d’être là. Tout simplement. Manquer des siens et s’emplir des autres. Sur la route, je pense à mon frère, à ses enfants et à mes parents que j’aime, que je ne vois pas souvent. À mes amis, beaucoup. Mais j’aime penser qu’il n’y a aucun rapport proportionnel entre le temps qu’on passe avec les gens et l’intensité des sentiments qu’on nourrit à leur égard. Au contraire. Loin des yeux, près du cœur.

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