On a retrouvé le trésor enfoui de Mexico

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Lorsque les Aztèques arrivèrent dans la vallée de Mexico, au XIVe siècle, ils y trouvèrent quatre grands lacs encadrés de montagnes d’origine volcanique. Ils décidèrent de s’installer sur les terres marécageuses autour du lac de Texcoco, et érigèrent une ville sur une petite île de celui-ci. Le lieu était inhospitalier et très difficile d’accès. Mais ils se devaient d’obéir aux instructions du dieu Huitzilopochtli [dieu de la Guerre et du Soleil], qui leur avait enjoint de construire la ville à l’endroit où ils verraient un aigle perché sur un cactus. Baptisée Tenochtitlán, cette ville allait devenir la merveilleuse capitale de l’Empire aztèque. Afin d’agrandir leur île, les Aztèques gagnèrent du terrain sur les parties peu profondes du lac. Ils accumulèrent de la terre du rivage et de la vase prélevée dans le lit du lac pour en faire des parcelles rectangulaires appelées chinampas [assez semblables aux hortillonnages]. Ces parcelles pouvaient mesurer jusqu’à 200 mètres de long mais n’excédaient jamais 10 mètres de large. Les chinamperos cultivaient ces terres depuis les canaux, sur lesquels ils naviguaient dans des barques à fond plat. Les chinampas étaient extraordinairement fertiles. Elles produisaient jusqu’à sept récoltes par an ; toute irrigation était rendue inutile par l’infiltration de l’eau des canaux qui les entouraient. Le secret de cette fertilité résidait dans la précision de la méthode de compostage et de paillage utilisée par les Aztèques, ainsi que dans la teneur de la vase tapissant le lit du lac. Les chinamperos sillonnaient sans fin les canaux dans leurs embarcations. A l’aide d’un sac de toile tendu au bout d’une perche, ils draguaient les épais sédiments du fond du lac, qu’ils épandaient sur leurs terrains. Les excréments humains faisant partie de ce mélange, ce mode d’agriculture servait également de système de traitement des déchets pour la ville de Tenochtitlán. La majeure partie de ces déchets étaient jetés dans les canaux, où ils se mêlaient à la vase. Le reste était épandu directement sur le sol et recouvert de vase. Plus les chinampas s’étendaient, plus la cité aztèque était florissante. Ces îles artificielles produisaient suffisamment de nourriture pour subvenir aux besoins de 300 000 habitants et d’une puissante armée. L’Empire aztèque finit ainsi par s’étendre à pratiquement toute la superficie du Mexique actuel. Mais il dura moins de un siècle : au début de l’année 1519, Cortés et ses conquistadors atteignaient les rivages du Mexique ; en 1521, ils conquirent Tenochtitlán et la rasèrent. Les Espagnols s’empressèrent de bâtir la ville de Mexico sur les ruines de la capitale aztèque, en appliquant les méthodes européennes de construction. Afin de maîtriser les crues et de gagner de la surface constructible, ils asséchèrent le lac. Cet assèchement se poursuivit au cours des siècles, entraînant la disparition de milliers d’hectares de chinampas. Ce mode d’agriculture aurait pu disparaître complètement si une partie du lac de Xochimilco, au sud de Mexico, n’avait été épargnée. Aujourd’hui, cette zone d’environ 30 kilomètres carrés est tout ce qui reste des chinampas d’autrefois. C’est là que vivent les descendants des habitants de Tenochtitlán. Ils parlent le nahuatl, la langue des Aztèques, et cultivent leurs terres selon les méthodes ancestrales. Au début des années 80, une équipe de chercheurs travaillant pour le Groupe des technologies alternatives [GTA, une ONG spécialisée dans les méthodes écologiques de recyclage] se rendit sur place, dans le but de mettre au point un système sanitaire bon marché et durable pour les plus démunis. La curiosité de la directrice du GTA, l’architecte Josefina Mena-Abraham, fut éveillée par un aspect étonnant de la vie dans l’actuelle ville de Xochimilco. Alors que les chinamperos actuels jetaient toujours leurs eaux usées dans les canaux, on ne relevait ni mauvaise odeur ni aucun des problèmes liés aux germes pathogènes normalement associés aux déjections humaines. L’équipe préleva des échantillons de boues dans les canaux pour les faire analyser. Un jour, un étudiant qui stérilisait du matériel dans un autoclave remarqua qu’un microbe résistait à une température de 220 °C.

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