Retraites: Roux de Bézieux (Medef) n'est pas "arc-bouté sur l'âge pivot"

Geoffroy Roux de Bézieux quitte Matignon , le 19 décembre 2019

Paris (AFP) - Le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a assuré lundi qu'il n'était pas "arc-bouté sur l'âge pivot", qui cristallise notamment l'opposition de la CFDT, se disant selon son entourage prêt à envisager des exceptions pour certaines catégories professionnelles.

"La mesure d'âge, même si on peut peut-être l'améliorer, c'est la seule manière intelligente de financer le régime", a cependant affirmé le patron des patrons sur BFM Business, au 33e jour de la grève qui touche notamment les transports. "On n'est pas arc-bouté sur l'âge pivot, on est conscient que pour financer cette réforme, il faut travailler plus longtemps".

"On peut aménager des choses sur l'âge pivot, notamment en prévoyant des exclusions de certaines catégories ou de certains métiers de l'application" de cette mesure de relèvement de l'âge de départ pour toucher une retraite à taux plein, a précisé à l'AFP un collaborateur de M. Roux de Bézieux en début de soirée.

Mais ne pas être arc-bouté, "ce n'est pas du tout lâcher sur l'âge pivot", a-t-il ajouté.

"Le message que je porterai, c'est "oui pour regarder autour de la mesure d'âge ce qui peut être amélioré" mais certainement pas de céder pour avoir une réforme qui n'est pas financée", a précisé le président du Medef à propos de la réunion entre le gouvernement et les partenaires sociaux prévue mardi.

"On peut trouver des compromis. Ce n'est pas illégitime que les points de pénibilité permettent de partir plus tôt, que cette mesure d'âge soit adaptée aux carrières longues. Ça peut-être un des éléments à discuter", a ajouté M. Roux de Bézieux.

"Ce qui est sur la table, ce sont les six critères actuels du compte pénibilité sur lesquels on peut regarder les seuils, si c'est raisonnable, et les améliorer pour prendre en compte plus de gens dans la pénibilité", a-t-il précisé, regrettant toutefois que la pénibilité "n'existe pas dans le secteur public" et soit seulement reconnue dans le privé.

Le président du Medef n'est cependant pas favorable à l'organisation d'une "conférence de financement", contrairement à la CFDT qui a proposé cette mesure soutenue par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

"Je ne dis pas que je la rejette, (...) mais Laurent Berger (le patron de la CFDT, NDLR) dit: "on fait d'abord la réforme, les dépenses, et on réfléchit ensuite au financement"".

Enfin, alors que la paralysie des transports vient d'entrer dans son deuxième mois, M. Roux de Bézieux semble déplorer la longueur de la phase de concertation qui a abouti à cette situation.

"On a un peu perdu du temps et effectivement on a passé un peu 18 mois pour rien", regrette-t-il. L'ancien haut-commissaire aux retraites "Delevoye, il a fait des concertations, mais on ne savait jamais à quoi ça aboutissait. Depuis que le Premier ministre a repris la main, les choses sont sur la table".

Le patron du Medef a précisé sa pensée dans un autre entretien au quotidien Le Parisien, publié plus tard en ligne, en indiquant quelles étaient ses lignes rouges. "Il faut absolument une mesure d'âge", estime-t-il, s'opposant à la proposition de Richard Ferrand de rendre temporaire ce dispositif d'autant que le Medef refuse toute augmentation des cotisations liées aux retraites.