Retraites : Le report à 64 ans pénalisera plus les femmes, selon cette étude

Les femmes seront plus pénalisées par le report de l’âge de départ, selon une étude sur l’impact réel de la réforme des retraites
Klaus Vedfelt / Getty Images Les femmes seront plus pénalisées par le report de l’âge de départ, selon une étude sur l’impact réel de la réforme des retraites

À l’issue du Conseil des ministres où la réforme des retraites a été présentée, le ministre Olivier Dussopt a reconnu que le recul de l’âge légal serait plus défavorable aux femmes qu’aux hommes dans un premier temps.

POLITIQUE - Selon des premiers calculs, la réforme des retraites va pousser 50 000 personnes à « décaler leur départ » dès cette année. Mais surtout, si la réforme des retraites est votée en l’état, le recul de l’âge légal de départ à la retraite concernera davantage les femmes que les hommes, selon l’étude d’impact transmise au gouvernement ce lundi 23 janvier, jour de la présentation du texte en Conseil des ministres.

Selon ce document, qui devrait être mis en ligne sur le site du ministère du Travail et que Les Échos ont consulté en avant-première, le recul de l’âge de départ à 64 ans, couplé à une accélération de l’allongement de durée de cotisation obligera les femmes à travailler en moyenne sept mois de plus. Pour les hommes, le décalage est estimé à cinq mois supplémentaire.

Dans le détail, une femme née en 1972 travaillera neuf mois de plus en moyenne ; un homme né en 1972 cinq mois de plus. L’écart se creuse un peu plus pour la génération née en 1980, avec huit mois supplémentaires pour les femmes et quatre pour les hommes.

Interrogé sur ces travaux à l’issue du Conseil des ministres, Olivier Dussopt a admis qu’un recul de l’âge légal de départ « a pour conséquence » ce décalage entre les femmes et les hommes. Et s’il a mis en garde sur une étude issue de documents « encore provisoires », il a reconnu que ces mêmes chiffres servent d’appui au gouvernement.

Le oui mais de Dussopt

Le ministre du Travail explique l’impact du recul de l’âge plus fort chez les femmes que chez les hommes car « aujourd’hui, un certain nombre d’assurés femmes partent à la retraite de manière un peu anticipée par rapport aux hommes - en âge effectif et pas en âge légal de départ - du fait du bénéfice des majorations de durée de cotisation au titre de la maternité ».

Un fait qui selon lui, ne devrait pas durer. Si la réforme entre en vigueur dans les délais voulus par le gouvernement, les femmes et les hommes de la génération née en 1972 auront, à l’horizon 2030, un âge de départ effectif « extrêmement proche », avec un ou deux mois d’écart « au bénéfice des femmes qui partiront plus tôt », assure-t-il.

Autre point, censé « rétablir » l’égalité entre les sexes, la revalorisation de la pension minimale à 1 200 euros bruts et qui bénéficiera en grande partie aux femmes qui « sont le plus souvent celles qui ont des carrières hachées ». Ce discours sera-t-il entendu ? À ce jour, l’exécutif refuse de faire marche arrière sur le recul de l’âge légal, point de crispation qui a jeté plus d’un million de Français dans la rue lors de la mobilisation du 19 janvier. Pas sûr dans ce contexte que les autres volets du texte, présentés comme des mesures de « justice sociale », réussissent à trouver un écho.

VIDÉO - Lycéens, actifs, futurs retraités... Ces manifestants expliquent pourquoi ils rejettent la réforme des retraites

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