Retraites: le renseignement territorial attend jusqu'à 850.000 manifestants pour la journée de mercredi

Manifestation à Paris le 11 mars - AFP
Manifestation à Paris le 11 mars - AFP

Selon une note du renseignement territorial datée de lundi 13 mars, que BFMTV a pu consulter, 650.000 à 850.000 manifestants contre la réforme des retraites du gouvernement sont attendus mercredi dans toute la France, pour 280 actions annoncées.

À Paris, ce sont 50.000 à 80.000 personnes qui pourraient défiler, dont 400 à 800 gilets jaunes, et 300 à 500 éléments radicaux.

"La journée nationale d'action, programmée la veille d'un éventuel vote définitif, est susceptible de s'accompagner d'actions à l'encontre d'élus favorables à la réforme", selon cette même note du renseignement territorial.

De multiples actions de blocage attendues

Outre les manifestations, il est également écrit que les actions de blocage constitueront encore une part importante de la stratégie syndicale. Les centrales nucléaires et centrales hydroélectriques pourraient d'ailleurs constituer des cibles privilégiées.

Le secteur de la métallurgie pourrait aussi être concerné en raison des opérations de sensibilisation aux abords des usines comme Arcelor Mittal.

Toujours selon cette note, "sentant une forme de résignation gagner les rangs des manifestants, les organisations syndicales réfléchissent à des "manif'actions" surprises pouvant prendre la forme de blocages d'axes routiers, d'entreprises ou d'institutions publiques. Ces actions qui ne nécessitent pas un grand nombre de participant permettraient aux syndicats de durcir le ton tout en palliant un éventuel fléchissement de la participation".

"Les opposants pourraient multiplier les actions ciblées"

L'ultragauche sera toujours très présente, notamment à Metz, Valence, Grenoble, Angers, Nancy, Brest ou encore Gap, selon les policiers du renseignement territorial. Les gilets jaunes seront aussi présents un peu partout, et pourraient organiser des actions de péages gratuits, des blocages de routes et même des dégradations de radars.

En conclusion, les policiers du renseignement territorial écrivent dans leur note que le mouvement - s'inscrivant dans la longueur - et le retour des violences ont inhibé les mobilisations de la société civile et d'une partie des syndicats. Par ailleurs, en portant la contestation sur le caractère anti-démocratique de la réforme, les organisateurs abandonnent leur appel au blocage de l'économie

Un sentiment anti-démocratique qui serait renforcé par l'éventuelle utilisation du 49.3 par le gouvernement, susceptible selon la note de "contribuer à revivifier la contestation et potentiellement sa radicalisation". "Dans ce contexte, les opposants pourraient multiplier les actions ciblées à l'éncontre des intérêts d'élus favorables au projet de réforme, voire les interpeller de façon virulente à l'occasion de leurs déplacements ou dans leurs permanences", peut-on enfin lire.

Article original publié sur BFMTV.com