Sur les retraites, le Rassemblement national a transformé son discours

L'ex-Front national ne cache pas aujourd'hui son opposition à la réforme des retraites préparée par le gouvernement Macron. Mais la position du parti d'extrême droite semble bien différente de celle qu'il affichait il y a encore dix ans.

Une Le Pen, favorable à une grève contre une réforme des retraites? Il y a quelques années, l'idée aurait semblé incongrue. Mardi pourtant, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a apporté son soutien au vaste mouvement d'opposition à la réforme que s'apprête à présenter le gouvernement d'Emmanuel Macron. «Je soutiens la grève, la mobilisation, la manifestation du 5 décembre», a-t-elle déclaré. Des propos qui tranchent radicalement avec ceux de son père qui, en 1995, avait proclamé son opposition au «plan Juppé», déclencheur d'une grève massive... tout en dénonçant les syndicats qui selon lui défendaient «leurs privilèges de castes».

Vingt-quatre ans plus tard, le Rassemblement national, ex-Front national, a profondément adapté son discours sur la question des retraites. Dans son programme de 2017, toujours présenté comme étant le programme du parti, Marine Le Pen affirme ainsi dans son engagement numéro 52 qu'elle veut «fixer l’âge légal de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite pleine», contre 62 ans actuellement avec 43 annuités pour la retraite à taux plein d'un salarié né en 1973 ou après. Pour financer cette mesure, le RN compte sur des économies que permettraient la suppression de la contribution française à l'Union européenne et une baisse des dépenses liées à l'immigration. La création d'un million d'emploi contribuerait également au financement, selon Marine Le Pen, qui a affirmé sur LCI fin novembre que «c'est 25 milliards de recettes supplémentaires». Sur BFMTV cette semaine, elle avait également affirmé que la «natalité» était un élément essentiel du financement des retraites.

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