Retraites : dans quels pays européens les régimes sont-ils les plus avantageux ?

Dans l'Union européenne, les régimes de retraite sont très différents entre les pays (Crédits : Getty Images). (Getty Images)

Alors qu’Emmanuel Macron veut réformer le système des retraites, faisons un tour d’horizon des règles en vigueur chez nos voisins européens, où l’herbe n’est pas toujours plus verte.

La réforme souhaitée par le président devrait augmenter le nombre d'années travaillées, passant l'âge de départ à la retraite de 62 à 64, voire 65 ans, pour prévenir un déficit futur du financement des pensions. Or une majorité de Français est opposée à l’allongement de la durée de cotisation, selon plusieurs sondages, dont ceux de l’Ifop ou d'Elabe.

Les femmes mieux loties que les hommes dans plusieurs pays

Et ailleurs en Europe, qui sont ceux qui peuvent partir le plus tôt à la retraite ? Il s’agit des femmes, en Autriche et en Pologne, où elles peuvent arrêter de travailler à 60 ans. Quant aux Autrichiens et aux Polonais, ils peuvent partir à 65 ans. Plusieurs autres pays ont fixé des âges légaux genrés, dont la Roumanie, la République tchèque ou la Croatie par exemple.

À noter que plusieurs d'entre eux prévoient d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite des femmes pour atteindre celui des hommes.

À quel âge peut-on partir à la retraite dans l'Union européenne ?

Bientôt un seuil à 69 ans au Danemark

Mais l'Europe voit sa population vieillir, et beaucoup de pays optent pour allonger la durée de travail au cours de la vie. À l’heure actuelle, l’âge "plafond" en Europe est de 67 ans, c’est le minimum fixé au Danemark, en Islande, en Italie, et plusieurs pays prévoient d’atteindre cet objectif : l’Allemagne en 2031, la Belgique en 2030, ou encore les Pays-Bas en 2024. Et dès 2035, les Danois devront travailler jusqu'à 69 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

Il faut toutefois distinguer l’âge légal de l’âge effectif de départ à la retraite : en 2020, plus de 5,1 millions de personnes de plus de 65 ans avaient encore un emploi dans l’Union européenne, selon les données d’Eurostat, et ce chiffre est en hausse depuis quelques années.

Des taux de remplacement très variables

Quant aux montants des pensions, les règles de calculs varient également entre les pays européens. Pour l’observer, on peut comparer les taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre les pensions de retraites touchées en moyenne par les retraités, et les salaires moyens gagnés par les travailleurs proches de la retraite. Attention, car il s’agit de moyennes théoriques, qui ne prennent pas en compte les cas particuliers, et l’âge réel de départ à la retraite. Mais cela donne un ordre d’idée des disparités sur le Vieux continent.

Quels sont les taux de remplacement des retraites dans l'Union européenne ?

On retrouve le Danemark en tête du classement, avec un taux de remplacement de 80% : concrètement, cela signifie qu’un retraité moyen danois touche une pension équivalent à 80% du salaire moyen des pré-retraités. L’Autriche, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et le Portugal ont des taux supérieurs à 70%. Les taux les plus faibles sont observés en Lituanie (19,7%), en Pologne (23,4%), en Estonie (28%) et en Irlande (29,7%). Avec un taux de remplacement de 60,2% en 2020, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (53,8%).

Avec ces deux indicateurs, on peut se faire une idée de la qualité des régimes de retraite de nos voisins. Ainsi, le système danois est le plus généreux en termes de taux de remplacement (80% du dernier salaire), mais c'est aussi celui où il faut travailler le plus tard pour bénéficier d'un taux plein (67 ans, bientôt 69). Et si les femmes polonaises peuvent arrêter de travailler dès 60 ans, leur taux de remplacement n'est que de 23%, en-dessous de la moyenne de l'Union européenne.

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