Retraites: quelles actions les grévistes peuvent-ils mener en France?

Blocages de dépôt de bus, coupures d'électricité... Aujourd'hui, c’est 29e jour de grève contre la réforme des retraites en France. Cette grève est plus longue que celle de 1986-1987. Le point sur les diverses actions dans toute la France, dont certaines sont interdites par la loi.

Ce jeudi matin, onze dépôts de bus ont été bloqués en Ile-de-France, une initiative presque quotidienne pour des centaines de manifestants systématiquement délogés par les policiers. Selon la Constitution, empêcher les non-grévistes d’accéder à leur poste est une infraction. Pour autant, elle n'a débouché, pour l'heure, sur aucune sanction en l'absence de plainte de la RATP.

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Une autre action qui est contestée : priver d'électricité des milliers de foyers, comme l’ont fait des grévistes de la CGT à Lyon et Nantes. Ces coupures, là aussi, sont non-rattachables au droit de grève. Le syndicat a déjà été condamné pour des faits similaires il y a vingt ans.

Les auteurs risqueraient la prison

Cette fois-ci, la CGT fait face à des plaintes pour intrusion et manœuvre non-autorisées, passibles d'une amende de 1 500 euros. Mais d'autres chefs d'accusation peuvent être ajoutés, comme la mise en danger de la vie d'autrui ou dégradations. Les auteurs risqueraient alors la prison. Mais un seul problème subsisterait alors : leur identification, car ils étaient cagoulés lors de l'infiltration.

Enfin, le blocage total des raffineries, prévu du 7 au 10 janvier, toujours par la CGT, serait « illégal » selon la secrétaire d'État à l'Économie. Alors, s’agit-il d’une transgression du droit de grève ou non ? C’est plus subtil : l'occupation pourrait être condamnée si les produits pétroliers sont séquestrés. Mais ce sera à la justice de trancher, si les compagnies décident de la saisir.

■ Le gouvernement a déjà lâché du lest

Forces de l'ordre, salariés des transports, de la SNCF et de la RATP, personnels navigants, enseignants et personnels soignants, danseurs de l'opéra de paris... Depuis le début du mouvement, le gouvernement a lâché du lest sur certains régimes spécifiques mais tous n'ont pas cédé et poursuivent la contestation.

Les consultations reprennent le 7 janvier entre les partenaires sociaux et le gouvernement. À la SNCF et à la RATP, les tractations ne semblent pas beaucoup progresser. Malgré des concessions sur le calendrier d'application de la réforme, le mouvement social continue.

Les policiers qui semblaient avoir été rassurés par le maintien de certaines dispositions favorables souhaitent désormais être traités d'égal à égal avec leurs collègues gendarmes.

Les marins et leur régime, l'un des plus anciens, sont toujours en pleines tractations avec le gouvernement. La pénibilité sera au cœur des débats.

Emmanuel Macron, lors de ses vœux du 31 décembre en a défini le cadre : les tâches difficiles seront prises en compte pour des départs anticipés à la retraite. Le diable est dans les détails. Quels critères seront utilisés pour calculer cette pénibilité ? Et comment convertir les droits acquis via le modèle actuel ? Il y aura forcément des perdants et des gagnants.