Retraites: Marine Le Pen salue une "forte mobilisation" contre la réforme

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2019 à Paris

Paris (AFP) - Marine Le Pen a salué jeudi soir sur BFMTV une "forte mobilisation" contre la réforme des retraites, dont elle demande comme la CGT le retrait, estimant que "l'immense majorité" de ceux qui vont la subir "sont les salariés du privé" même s'ils sont "moins visibles dans les manifestations".

Alors que des tensions entre les forces de l'ordre et des manifestants ont émaillé jeudi la fin du défilé parisien, la dirigeante d'extrême droite a jugé sur CNews que "les responsables du chaos, ce sont les ministres du gouvernement et au premier chef le président de la République".

"On ne peut pas vivre depuis un an dans une révolte permanente sans que le gouvernement ne prenne conscience que les décisions qu'il met en œuvre sont des décisions qui sont contestées par une majorité de Français", a souligné la présidente du Rassemblement national.

Sur RTL jeudi matin, elle avait redit soutenir "ceux qui expriment leur désaccord" avec le projet du gouvernement où elle voit une "vaste manipulation".

Les syndicats exigeant le retrait de la réforme des retraites, menés par la CGT et FO, ont organisé jeudi une nouvelle et quatrième journée interprofessionnelle de grèves et manifestations.

Pour la cheffe du RN, qui défend un départ à la retraite à 60 ans après 40 années de cotisations, la réforme est une "vaste manipulation", dans "les conditions de sa négociation", "sur le calendrier qui a été choisi", "sur les objectifs qu'elle poursuit" et "dans les simulations et dans les chiffrages qui ont été donnés".

L'âge pivot, en deçà duquel les pensions subiront une décote et dont la CFDT demande le retrait, "n'existe que parce qu'il a vocation à sauter. C'est une technique de négociation (...) qui consiste à proposer quelque chose d'inadmissible pour le retirer ensuite et faire passer tout le reste qui est également inadmissible".

Pour l'équilibre financier du système, elle considère qu'il faut d'abord "faire toutes les économies que nous devons faire", jugeant "inadmissible qu'on dépense des milliards à accueillir (et) entretenir une immigration clandestine qui pose par ailleurs des problèmes de sécurité (…) majeurs".