Retraites: les grévistes tiennent, le gouvernement dénonce des actes «violents»

À la veille Noël, le trafic est toujours très perturbé ce mardi 24 décembre à la SNCF. Peu de métros et de bus également. Une cinquantaine de grévistes de la RATP se sont réunis ce mardi matin devant le siège de leur entreprise pour maintenir une présence visible.

La grève pendant les vacances n'est pas un problème pour les salariés du réseau de transport à Paris et en Île-de-France, la RATP. Le message est chaque jour le même. Ils tiendront le piquet de grève tant que le gouvernement n'aura pas retiré son projet.

« On voit bien que le gouvernement vacille et qu'il est au bord de la rupture, soutient François-Xavier Arouls, cosecrétaire du syndicat Solidaires RATP. Macron fait des effets de manche en disant qu'il ne veut pas de sa retraite de président, mais ça n'apaisera pas la colère des salariés grévistes. Les salariés sont soudés y compris pendant la période de fête. Des pertes de Noël et de Nouvel an avec nos familles, on connait ça régulièrement. Chaque année on vit ça. »

Les partenaires sociaux seront reçus le 7 janvier par le Premier ministre, Édouard Philippe. Cette réunion a été annoncée ce lundi, mais elle ne changera rien, annonce d'ores et déjà Stéphane Reynier de la CGT RATP : « Ils attendent que le 7 janvier, ça s'essouffle, mais je crois qu'ils se sont trompés ! »

Cependant, tenir financièrement est de plus en plus compliqué. Depuis le 5 décembre, Stéphane Reynier ne gagne pas d'argent. « Les soirs quand je rentre après les mouvements, confie-t-il, je regarde mes enfants bien en face et je me dis que oui, je perds de l'argent aujourd'hui. Mais on se dit aussi que c'est une forme de sacrifice que l'on fait. C'est un investissement à long terme pour nos enfants et nos futurs petits-enfants. »

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Des actes « violents »

La caisse de grève interprofessionnelle qui a été mise ne place exceptionnellement s'élève aujourd'hui à 850 000 euros. Selon le Parisien, à la RATP, le nombre d'arrêts maladie explose depuis le début de la grève contre la réforme des retraites. Par rapport à l’année dernière, leur nombre a triplé chez les conducteurs de métro pendant la première semaine de mobilisation et plus que quadruplé pendant la seconde.

En réaction à la poursuite du mouvement, le nouveau « M. Retraite du gouvernement » Laurent Pietraszewski, a dénoncé les actes « violents » des grévistes. Il évoque notamment les coupures d'électricité ou l'opération coup de poing des cheminots ce lundi en gare de Lyon, à Paris.

« On ne peut pas dans notre pays accepter que le droit de grève qui est un droit protégé puisse se traduire par des comportements, des actions illégales et qui visent à créer des perturbations pour nos concitoyens, a affirmé Laurent Pietraszewski. Ce n'est pas acceptable. »