Retraites: Emmanuel Macron demande aux députés de faire preuve "d'humilité" et de "pédagogie"

Emmanuel Macron à l'Élysée le 9 janvier 2023 - Ludovic MARIN / AFP
Emmanuel Macron à l'Élysée le 9 janvier 2023 - Ludovic MARIN / AFP

Défendre sa réforme et donner des arguments à ses lieutenants. Emmanuel Macron a longuement reçu ce jeudi matin les ministres Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin et des membres de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Au menu: le plan justice et la future loi immigration mais surtout les retraites.

Premier message qu'a fait passer le président jugé "combatif" par ses invités: celui de l'humilité, d'après des informations de BFMTV.

De la souplesse dans les discussions

"On demande quand même aux Français de travailler plus longtemps", a ainsi reconnu le locataire de l'Élysée.

Alors que l'âge de départ à la retraite à 64 ans fait l'objet d'un refus massif par la population d'après plusieurs sondages, le chef de l'État a appelé les ministres et les députés à faire preuve de souplesse dans leurs discussions avec les électeurs.

Le président a également insisté sur la nécessité de reconnaître que cette réforme représente bien un effort supplémentaire lié au besoin de financer le système. La méthode vise à éviter tout procès en déconnexion visant la macronie - l'une des critiques récurrentes du premier mandat du président.

"Pas techno mais pédagogues"

Emmanuel Macron a également exhorté la majorité présidentielle à "ne pas être techno mais pédagogues"'. Et d'insister sur les éléments de langage qu'ont déjà décliné Élisabeth Borne et Olivier Dussopt, le ministre du Travail qui défendra la réforme devant le Parlement.

Le président a ainsi rappelé les 3 pistes possibles pour lui: d'abord celle d'augmenter les cotisations patronales ou salariales - écartée par l'exécutif qui refuse "d'alourdir le coût du travail". Autre option: celle de baisser les pensions - impensable politiquement pour la macronie après la grogne des retraités sur la hausse de la CSG en 2018 - et enfin le recul de l'âge de départ.

Le chef de l'État a également insisté sur la comparaison européenne, jugeant que les voisins de la France ont choisi de repousser l'âge de la retraite. Si l'Allemagne, l'Espagne et la Belgique font partir plus tard leur population active, plusieurs pays sont alignées sur le système français comme la Norvège ou la Suède avec 62 ans.

"Redonner du sens au collectif"

Pour faire comprendre une réforme complexe, le président a également insisté sur l'importance des mots, appelant ses lieutenants à éviter l'usage de termes trop techniques. Pas question par exemple de parler de "minimum contributif" pour parler de la pension à 1200 euros pour les futurs retraités actuels et futurs (auquel il faudra retrancher 9% de cotisation sociale NDLR) mais plutôt de "retraite minimum".

Alors que la gauche et les syndicats ont notamment regretté le sort de ceux entrés avant 18 ans dans le monde du travail - certains d'entre eux seront désormais contraint de travailler 44 ans au lieu de 43 ans actuellement pour bénéficier d'une retraite complète - Emmanuel Macron veut "redonner du sens au collectif, au civique".

"Illusoire" d'imaginer un moment idéal pour réformer

Pour convaincre, le président a donc exhorté sa majorité à rappeler le fonctionnement de la retraite par répartition qui repose sur la solidarité entre les générations.

Face au front syndical uni pour la première fois depuis 12 ans et les appels à la grève à la RATP, la SNCF et le secteur des raffineries le 19 janvier prochain, le président n'a pas nié les difficultés à venir. Il a cependant jugé "illusoire" de croire qu'il y aurait un moment idéal pour défendre la réforme.

En déplacement en Seine-et-Marne ce jeudi matin, Élisabeth Borne avait reçu 5 sur 5 les messages élyséens, assurant "continuer de s'employer à convaincre" les Français.

Article original publié sur BFMTV.com