Retraites: Des députés de la majorité veulent faire payer "les riches" pour éviter l'âge pivot

Des députés LREM veulent faire payer "les riches" pour éviter le retour de l'âge pivot (photo d'illustration prise à Nantes en janvier 2020 lors d'une manifestation contre la réforme des retraites) (Photo: AFP)

POLITIQUE - Il n’y a pas qu’à la conférence de financement que l’on cherche des solutions pour éviter le retour de l’âge pivot. Comme le rapporte L’Obs ce mardi 18 février, huit députés proches ou membres de la majorité LREM défendent une mesure qui permettrait de financer le nouveau système de retraites en taxant davantage les Français les plus riches. 

Ce projet porté notamment par Matthieu Orphelin (ex-LREM) promeut l’augmentation en fonction des salaires de la cotisation de solidarité, qui existe déjà et est assumée à la fois par le salarié et par son employeur. 

Les députés proposent que cette cotisation, actuellement fixée à 2,81% quel que soit le salaire, passe à un minimum de 3,5% pour les salaires compris entre 5000 et 10.000 euros et à un minimum de 4,5% (pouvant aller jusqu’à 8%) pour les salaires de plus de 10.000 euros. Soit, selon les calculs de L’Obs, une augmentation de 33 euros pour une personne gagnant plus de 10.000 euros mensuels et 49 euros pour son employeur. 

“Il s’agit de mettre à contribution les riches et les très riches pour la solidarité nationale afin de garantir l’équilibre du système et d’éviter à tous l’âge pivot”, défend Matthieu Orphelin, qui évoque des chiffres “quand même très raisonnables”.

Selon les calculs des élus, cette solution alternative permettrait de générer entre 600 millions et 2 milliards d’euros par an. Une goutte d’eau, quand on sait que le Premier ministre a estimé à “12 milliards d’euros par an en 2027” le déficit des retraites sans l’âge pivot. 

De la “justice sociale” pour calmer l’opposition

Toutefois, et comme l’ont avancé les élus LREM dans des courriers transmis au gouvernement, cette mesure “de justice sociale” aurait également un effet apaisant, alors que la réforme des retraites a été globalement perçue dans l’opposition et dans la rue comme une réforme injuste et pénalisante pour les personnes aux revenus moindres incapables d’investir dans des fonds de pensions privés.

“Nous sommes convaincus que les solutions de financement du futur système universel de retraites doivent comprendre de telles mesures de justice sociale pour être acceptées par le plus grand nombre”, soulignent les élus dans leur missive que L’Obs a pu consulter.  

La conférence de financement a officiellement démarré ce mardi 18 février, avec les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFDT, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) autour de la table. Ils ont jusqu’au mois d’avril pour imaginer et présenter des solutions, qu’Édouard Philippe a promis de “faire siennes”… si solutions il y a, ce qui n’est pas forcément gagné.  

Diverses pistes doivent donc être étudiées, dont la possibilité de puiser dans le fonds des réserves de retraites ou encore de relever le plafond de revenus soumis à cotisations.

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