Retraites: pour Barbara Pompili, "on ne peut pas faire une réforme contre la population"

Après avoir confié à BFMTV.com qu'"à ce stade", elle ne voterait pas pour la réforme des retraites, Barbara Pompili réaffirme sa position et demande "un vrai travail" pour aboutir à une "réforme juste socialement".

La députée de la majorité présidentielle Barbara Pompili a assuré sur RFI ce mardi que la réforme des retraites ne pouvait être menée "contre la population", après avoir réitéré, comme deux autres députés macronistes, qu'elle ne pourrait voter "en l'état" un texte "pas assez équilibré".

L'ancienne ministre de la Transition écologique avait déjà expliqué sa position à BFMTV.com lundi dernier.

"À ce stade, si je devais voter maintenant, je ne pourrais pas voter pour", assurait-elle.

"Le texte tel qu'il est aujourd'hui ne me paraît pas assez équilibré"

"On ne peut pas faire une réforme contre la population", a affirmé la députée de la Somme, dont le parti, En Commun, qui appartient à la majorité présidentielle, a publié la semaine dernière ses propositions sur les carrières longues, les seniors, les jeunes et le volet pénibilité.

"On a besoin d'avoir la population avec nous quand on veut faire une bonne réforme. Là-dessus, on voit qu'il y a encore du travail", a reconnu Barbara Pompili, exigeant non seulement de "l'explication" de la part du gouvernement, mais aussi "un vrai travail sur le fait que cette réforme soit une réforme juste socialement".

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"Faire cotiser les entreprises"

"L'idée, ce n'est pas d'être contre pour être contre. L'idée n'est pas de bloquer: je suis dans la majorité, mais le texte tel qu'il est aujourd'hui ne me paraît pas assez équilibré pour être votable en l'état", a assuré l'ex ministre, craignant que la mobilisation contre la réforme ne "faiblisse pas".

Par ailleurs, Barbara Pompili a estimé qu'il ne "faut pas qu'on ferme la porte à d'autres moyens de financer notre système de retraites.

Elle a ainsi appelé à "faire cotiser les entreprises" et "travaill[er] à ce qu'il y ait moins d'injustices sur les carrières longues".

Plusieurs voix dissonantes dans la majorité

Sur France Info, le député Renaissance de l'Hérault, Patrick Vignal, qui a dit ne pas souhaiter voter le texte s'il n'évoluait pas, a plaidé lui aussi pour que des mesures soient prises en faveur des seniors.

"La France est en colère en ce moment et moi j'ai envie d'éteindre la colère", a-t-il déclaré.

Toujours dans le camp présidentiel, le député Horizons Jean-Charles Larsonneur (Finistère) n'est "guère enthousiaste" à ce stade. "J'ai des préalables avant de trancher ma position de vote", a-t-il expliqué en défendant un âge légal de départ à 63 ans pour éviter les "effets de seuil", et des mesures supplémentaires pour les congés parentaux, les emplois aidés et les aidants.

Chez Horizons, le député de la Mayenne Yannick Favennec a lui aussi indiqué, dans une interview à France Bleu, qu'"en l'état", il ne voterait pas pour la réforme des retraites. "Je ne veux pas que l'âge de départ soit l'alpha et l'omega de cette réforme. Je pense que l'on peut fixer le nombre d'annuités à 43 mais si on atteint cette durée avant l'âge de 64 ans, on peut partir à la retraite et sans décote", a déclaré l'élu.

Au sein du gouvernement, le ministre chargé des Relations avec le Parlement Franck Riester, a également admis lundi que les femmes sont "un peu pénalisées par le report de l'âge légal" de la retraite, soutenant en retour que d'autres mesures de la réforme seraient à leur "avantage".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Retraites: le ministre Franck Riester admet que les femmes sont "un peu pénalisées" par le report de l'âge légal