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Retraites : après le 49.3, le gouvernement réaffirme sa légitimité

POLITIQUE - Le gouvernement a-t-il failli à sa tâche en ayant recours au 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites ? Non, répondent ses membres ce vendredi 17 mars, avec la volonté de réaffirmer leur légitimité malgré les heurts qui ont éclaté dans toute la France jeudi et les motions de censures sur le point d’être déposées par les groupes d’opposition à l’Assemblée nationale.

Interrogé sur le fait de savoir s’il était toujours légitime, le ministre du Travail Olivier Dussopt a répondu « bien sûr » et refusé de reconnaître « un échec » du gouvernement. « Ce serait un échec s’il n’y avait pas de texte, or il y a un texte », a affirmé le ministre sur RMC/BFMTV. Il a ajouté qu’il aurait préféré qu’il y ait un vote, recherché par l’exécutif « jusqu’à la dernière minute ».

« Effectivement, il n’y a pas eu de majorité à l’Assemblée nationale parce qu’un certain nombre de membres du groupe LR n’ont pas répondu présent et n’ont pas suivi la position qui avait été arrêtée par leur parti, a-t-il poursuivi. Mais ça n’est pas un échec, puisqu’il y a un texte et ce texte sera, si la motion de censure est rejetée, mis en œuvre. »

Quant aux nombreuses manifestations qui ont éclaté dans l’Hexagone, le ministre du Travail a expliqué qu’il n’y avait selon lui « pas de conflit entre la légitimité du Parlement et l’expression de la rue. »

« Un hémicycle où la haine prend le pas sur la raison »

Olivier Dussopt a toutefois reconnu « un moment de difficulté », « un moment où la vie politique est chahutée parce qu’un 49.3, ça chahute ». Mais « au-delà du 49.3, il faut avoir en tête la manière dont les débats se sont passés, avec énormément de violence. Je n’ai jamais connu un hémicycle où la haine prend autant le pas sur la raison ».

De son côté, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a affirmé que ce dernier avait « vocation à continuer de gouverner », sur France Inter. « Le 49.3, c’est un moment aussi de perte de contrôle par le gouvernement », a-t-il analysé.

« C’est un moment où l’Assemblée nationale est totalement souveraine pour décider de vous accorder la confiance ou de vous la retirer donc il n’y a pas d’alternative au vote des députés », a-t-il dit en référence aux mentions de censure auxquelles va très probablement devoir se soumettre le gouvernement, au risque d’être poussé à la démission.

Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Stanislas Guerini, a également tenu à faire valoir un parti pris « courageux » du gouvernement « face aux risques pour le pays (si la réforme n’était pas adoptée, ndlr) ». « Nous avons fait le choix d’engager notre responsabilité pour faire adopter cette réforme », a-t-il dit sur Télématin ce vendredi, se disant prêt à se soumettre à une motion de censure.

Véran et Dussopt au chevet de Borne

Interrogé sur le maintien à son poste de la Première ministre, Olivier Dussopt a assuré qu’elle avait « le soutien de la majorité et la confiance du président ». Quant à l’émotion de la cheffe du gouvernement évoquée par des députés après le 49.3, il a assuré qu’« est très solide », elle « ne pleure pas ».

Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gabriel Attal a pour sa part loué le courage d’Élisabeth Borne, qui a engagé « sa responsabilité et celle de son gouvernement », bien qu’il aurait été « plus simple » pour elle « de ne pas porter cette réforme. »

Un point de vue partagé par Olivier Véran, qui a affirmé avoir « confiance » en Élisabeth Borne, bien que son avis « ne compte pas ». « Le choix de la méthode de la Première ministre, qui est celui de la concertation et la recherche de compromis etc., c’est quand même un choix qui a porté ses fruits dans d’autres textes », a-t-il estimé. Les parlementaires en décideront lors du vote des mentions de censures qui doivent être déposées ce vendredi après-midi.

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