Le retour de la statue de Napoléon à Rouen fait la joie de la droite

La statue de Napoléon devant la mairie de Rouen avant d’être restaurée, en 2021.
Ville de Rouen La statue de Napoléon devant la mairie de Rouen avant d’être restaurée, en 2021.

Ville de Rouen

La statue de Napoléon devant la mairie de Rouen avant d’être restaurée, en 2021.

POLITIQUE - La statue équestre de Napoléon a retrouvé son emplacement d’origine devant la mairie de Rouen, jeudi 28 juillet, après des travaux de restauration d’un montant de plus de 280.000 euros. En août 2021, des travaux avaient été lancés après la découverte d’une fissure, menaçant la stabilité de la statue, sur l’une des pattes postérieures du cheval monté par Napoléon.

L’année dernière, l’équipe municipale avait profité de l’occasion pour lancer une consultation sur l’avenir de la statue. À titre personnel, le maire socialiste Nicolas Mayer-Rossignol avait suggéré de réserver cet endroit stratégique à une figure féminine comme Gisèle Halimi (et de déplacer la statue de Napoléon dans un autre lieu de la ville).

L’idée avait provoqué une polémique, qui s’était traduite par une pétition de 20.000 contestataires et des accusations d’« opportunisme politique » dans une tribune publiée par Le Figaro.

« Cette mémoire nous appartient à tous »

Jeudi, les images du retour de la statue sur son socle initial ont fait réagir des personnalités de la droite et de l’extrême droite, y voyant une « une claque à la cancel culture » et au « wokisme », selon les mots de Nicolas Bay, député européen et responsable dans le parti créé par Éric Zemmour, Reconquête !.

« Magnifique victoire ! Grâce au vote des Rouennais, la statue de Napoléon est de retour sur le parvis de l’Hôtel de Ville ! », s’est aussi réjoui Éric Ciotti (LR), qui avait dénoncé le « déboulonnage » en raison du « wokisme » de la statue, alors que celle-ci devait simplement être restaurée.

Des élus locaux, comme le maire et conseiller régional Laurent Bonnaterre (Horizons) ont regretté qu’aucune « célébration » ne soit organisée par la mairie, alors que de jeunes militants de l’UNI, syndicat étudiant de droite, qui n’ont pas manqué de scander quelques « Vive l’Empereur ! », selon le site d’actualité régionale Actu.fr.

À l’issue de la votation citoyenne en décembre dernier, « 68% des Rouennais avaient exprimé leur souhait que la statue retrouve sa place initiale, face à l’Hôtel de Ville. (...) Les urnes ont parlé et nous pouvons être fiers d’avoir mené cet exercice démocratique », s’était félicité le maire socialiste, précisant que l’inscription de la statue au titre des monuments historiques constitue « une étape importante pour la préservation et la valorisation de ce monument ».

Pour expliquer la démarche et répondre aux accusations d’« opportunisme politique », Laura Slimani, adjointe chargée de la démocratie participative et de la lutte contre les discriminations, rétorquait l’année dernière au HuffPost que l’inauguration de la statue en 1865 par le maréchal Vaillant ne l’était pas moins.

« La différence, c’est qu’aujourd’hui notre méthode ne vise pas à être verticale », expliquait-elle. « Cette mémoire nous appartient à tous, mais l’espace public a été façonné à une époque où ce n’était pas fait de manière démocratique. » Le chantier total de la restauration doit lui s’achever début septembre.

À voir également sur Le HuffPost : Paris inaugure la statue de Solitude, la première d’une femme noire dans la capitale

Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix.

Lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles