Retour de la réforme des retraites annoncé par Macron: RN et LFI vent debout, LR dit oui

Le président Emmanuel Macron donne le coup d'envoi du Conseil national de la Refondation, le 8 septembre 2022 à Marcoussis (Essonne) - Michel Euler © 2019 AFP
Le président Emmanuel Macron donne le coup d'envoi du Conseil national de la Refondation, le 8 septembre 2022 à Marcoussis (Essonne) - Michel Euler © 2019 AFP

Des propos qui font réagir. Emmanuel Macron a assuré vouloir avancer sur la réforme des retraites, appelant à une mise en œuvre rapide, devant la presse présidentielle ce lundi soir. Lors de la campagne présidentielle, il évoquait déjà une mise en place "dès l'été 2023" avec un âge de départ désormais fixé à 64 ou 65 ans.

Le Rassemblement national et la France insoumise ont déjà fait savoir qu'ils ne voteraient pas l'allongement de l'âge de départ à la retraite. Les Républicains y sont, eux, favorables.

Le Pen promet une "opposition totale"

Marine Le Pen compte bien se faire entendre lors du projet de loi de finances de la sécurité sociale qui pourrait être l'occasion de faire voter cette modification du régime des retraites.

"Si Emmanuel Macron (s'en) sert pour s’attaquer aux retraites, c’est-à-dire contourner un débat sur le sujet, il va se trouver confronté à une opposition totale de notre part", a tancé la patronne du groupe RN à l'Assemblée nationale sur France 2 ce mardi.

La députée du Pas-de-Calais a également promis de le "mettre en minorité" dans l'hémicycle. Pendant la campagne présidentielle, l'élue voyait dans la retraite à 65 ans un dispositif "inhumain pour certains métiers". Même son de cloche du côté de Sébastien Chenu.

"Pas touche à notre système de retraites que les Français ont construit avec leurs efforts, et qu'Emmanuel Macron veut abîmer!", a menacé le parlementaire RN sur France info ce lundi soir.

Autain assure vouloir "gagner la bataille des retraites"

Confronté à une majorité relative à l'Assemblée nationale, le président aura besoin pour faire voter son texte des voix des oppositions. Tout en souhaitant s'appuyer sur une "majorité de projets", le chef de l'État n'a pas fermé la porte au recours au 49.3 en cas de blocage des députés, devant l'association des journalistes de la presse présidentielle.

La démarche déplaît aux insoumis. Éric Coquerel qui dirige la commission des finances à l'Assemblée y voit ainsi le signe qu'Emmanuel Macron serait "le président du capital et de casse sociale" sur son compte Twitter.

"On va gagner cette bataille, ils ne mettront pas (cette réforme) sur la table, a promis la députée LFI Clémentine Autain ce mardi sur LCI, appellant "chacun et chacune à se mobiliser" dans la rue.

La France insoumise mise beaucoup sur une "grande marche contre la vie chère" qui aurait lieu le 15 octobre prochain, malgré la frilosité des syndicats.

Macron "a raison de vouloir aller vite" pour les LR

Les Républicains, eux, sont beaucoup plus favorables à une éventuelle réforme des retraites et pourraient voter en faveur de ce texte, laissant l'espoir à la majorité que le texte puisse être adopté sans 49.3.

"Le président a raison de vouloir aller vite", a jugé Olivier Marleix, président du groupe LR ce mardi sur France info.

Malgré ce bon signe pour la majorité présidentielle, il appelle à travailler avec les partenaires sociaux qui y sont, pour l'instant, opposés.

"S'il y a zéro dialogue social, il ne faudra pas s'étonner que ça tourne mal en terme de climat social dans la rue", a analysé le député au micro de France info ce mardi matin.

Preuve que les LR auront de l'appétit pour ce texte: Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, a annoncé "ne pas vouloir lâcher" sur l'âge de départ à la retraite, annonçant sur BFMTV en juillet dernier, pour le faire atteindre "au moins à 64 ans".

Article original publié sur BFMTV.com