Retour du masque à l'école: "fatalisme" et "lassitude" chez les enseignants et les parents d'élèves

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Un enfant portant un masque début septembre, dans une école strasbourgeoise - FREDERICK FLORIN / AFP
Un enfant portant un masque début septembre, dans une école strasbourgeoise - FREDERICK FLORIN / AFP

"Le port du masque à l'école sera pour le moment maintenu", a annoncé le président de la République Emmanuel Macron dans son allocution mardi soir. Ainsi, à partir de lundi prochain, tous les départements "passent au niveau 2 jaune du protocole sanitaire, avec de nouveau le port du masque obligatoire pour tous les élèves de l'école élémentaire", explique le site du gouvernement.

Depuis le 4 octobre, pour les écoles primaires situées dans les départements dont le taux d’incidence était inférieur au seuil de 50 pour 100.000 habitants, le port du masque n'était plus obligatoire pour les enfants. Mais le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmentant dans le pays depuis plusieurs semaines, le gouvernement a décidé de lever cet assouplissement.

"L'impression d'un retour en arrière"

"Il y a l'impression d'un retour en arrière, on avait le sentiment d'avoir franchi un pas", déclare à BFMTV.com Dominique Bruneau, membre du syndicat enseignants Sgen-CFDT, en charge de l'enseignement du 1er degré.

"Il y a un certain fatalisme face à ce retour en arrière" chez les parents, abonde Hubert Salaün, porte-parole de la fédération de parents d'élèves PEEP.

Mais pour lui, demander aux enfants de reporter le masque ne devrait pas être une difficulté, car aujourd'hui "ils ont l'habitude, et cela ne faisait que quelques semaines que certains l'avaient retiré". "On n'est pas trop inquiet là-dessus, ils doivent déjà le porter dans différents endroits", déclare également Jean-Rémi Girard, président du syndicat enseignant SNALC.

6244892572001_6280892562001 Ce retour du masque chez les enfants risque d'entraîner une "perte de confiance dans les paroles des adultes", déclare de son côté Rodrigo Arenas, de la fédération de parents d'élèves FCPE. "On leur a fait croire que c'était fini, pour qu'ils le remettent", et ce pas en arrière risque d'être "contre-productif au niveau éducatif", selon lui.

"Pour les enfants il faut des règles claires et stables sinon ça insécurise tout le monde. Ils s'adaptent, mais encore faut-il que les règles ne changent pas tout le temps", déclare également Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du syndicat enseignant SNUipp-FSU, "c'est pour cela que nous avions appelé le ministère à la prudence quand cette nouvelle règle avait été mise en place fin septembre". Elle souligne globalement, "une forme de lassitude et d'exaspération à devoir s'adapter tout le temps".

Eviter la fermeture des écoles

Car avec le niveau 2 mis en place dans les écoles, ce n'est pas que la question du masque qui va changer. Cela "nécessite un non-brassage des élèves, ce qui demande des réorganisations du fonctionnement dans l'école", note Guislaine David. Le ministère de l'Education précise en effet que le passage au niveau 2 entraine également une désinfection des surfaces les plus fréquemment touchées plusieurs fois par jour, et l'absence de sports de contact, ce qui entraine des réaménagements.

Jean-Rémi Girard réclame ainsi que le ministère de l'Education indique dès à présent à partir de quel niveau de circulation de l'épidémie les écoles passeront au niveau supérieur du protocole. Le retour du masque était ainsi corrélé au passage du taux d'incidence au-dessus des 50 pour 100.000. "Nous on est demandeur d'indications pour la suite afin de pouvoir anticiper", explique-t-il.

Chez les enseignants, il y a aussi l'idée que "de toute façon on n'a pas le choix, et il y a une vraie volonté de respecter le protocole, afin que la situation n'empire pas. Ils ne veulent pas que les écoles soient fermées", note Dominique Bruneau.

La réelle inquiétude chez les parents comme les professeurs n'est en effet pas le retour du masque, mais de nouvelles restrictions plus dures en cas de remontée épidémique trop forte, comme la fermeture des écoles. "C'est cela dont ont peur les parents", déclare Hubert Salaün.

Article original publié sur BFMTV.com

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