De retour dans l'arène politique, Donald Trump se présente comme l'avenir du Parti républicain

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Donald Trump a affirmé dimanche face à une foule de conservateurs enthousiastes que la survie des États-Unis dépendait d'eux, flirtant avec l'idée de se représenter à la présidentielle en 2024.

L'ancien président américain Donald Trump a fait allusion, dimanche 28 février, à une possible nouvelle candidature pour la Maison Blanche en 2024 et a attaqué de front son successeur démocrate Joe Biden, tout en répétant ses accusations sans fondement selon lesquelles l'élection de novembre lui a été "volée".

Effectuant sa première apparition publique majeure depuis son départ de la Maison Blanche, près de six semaines plus tôt, Donald Trump s'est présenté comme l'avenir du Parti républicain lors d'un discours prononcé dans le cadre d'une conférence des conservateurs en Floride, où il réside désormais.

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"Notre mouvement de patriotes américains fiers et travailleurs ne fait que commencer, et à la fin nous gagnerons. Nous gagnerons", a-t-il dit à la Conservative Political Action Conference, à Orlando.

Refusant une nouvelle fois d'admettre sa défaite face à Joe Biden lors du scrutin du 3 novembre dernier, Donald Trump a fustigé les premières semaines du mandat de son successeur et laissé entendre qu'il pourrait à nouveau se porter candidat.

"Ils viennent de perdre la Maison Blanche", a dit l’ancien président républicain après avoir critiqué la gestion par Joe Biden de la sécurité aux frontières. "Mais qui sait, qui sait, je pourrais même décider de les battre une troisième fois", a-t-il ajouté.

Les tumultueuses ultimes semaines de Donald Trump au pouvoir ont été marquées par l’invasion du Capitole le 6 janvier par ses partisans qui refusaient de voir le Congrès confirmer la victoire de Joe Biden, que Trump a faussement dénoncée comme frauduleuse.

Pas de nouveau parti pour Trump

Une guerre interne s'est déclarée au Parti républicain entre les figures telles que le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, désireux de faire de Donald Trump de l’histoire ancienne et ceux, à l'image du sénateur Lindsey Graham – proche de Donald Trump –, estimant que l'avenir du parti dépend de l'énergie de la base conservatrice pro-Trump.

Donald Trump a déclaré dimanche que le Parti républicain était uni et assuré qu'il n'avait aucune intention de tenter de lancer un nouveau parti, une idée dont l'ancien président avait discuté ces deux derniers mois avec des conseillers.

"Nous ne commençons pas de nouveaux partis. Nous avons le Parti républicain. Il va être uni et plus fort que jamais. Je ne lance pas un nouveau parti", a-t-il dit.

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Selon un sondage réalisé auprès de participants à la conférence, 55 % des personnes disent qu'elles voteraient pour Donald Trump lors de la course pour l'investiture républicaine à l’élection présidentielle de 2024. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, est deuxième avec 21 %. Sans Trump, DeSantis arrive en tête avec 43 %. À la question de savoir si Donald Trump devait se présenter à nouveau en 2024, 68 % des sondés se disent favorables et 32 % y sont opposés ou n'ont pas d’opinion.

La ferveur pro-Trump était néanmoins palpable à Orlando, où a même été érigée une statue dorée de l'ancien président.

Au bout d'une heure de discours, Donald Trump a de nouveau étalé ses accusations sans preuve de fraude électorale à son détriment, allant à l'encontre des recommandations de ses proches qui estiment qu'il est temps de regarder vers le futur.

"Nous avons un processus électoral très malade et corrompu qui doit être immédiatement réparé. Cette élection était truquée", a-t-il dit à la foule, qui a crié "Vous avez gagné !".

La politique de Biden critiquée

"La Cour suprême et les autres tribunaux n'ont rien voulu savoir", a ajouté l'ancien président, alors que les dizaines de recours engagés par sa campagne et ses partisans dans l’espoir d'inverser les résultats du scrutin de novembre ont échoué.

Donald Trump, qui a commencé son discours avec plus d’une heure de retard, a dit vouloir sauver la culture et l’identité américaines.

Cherchant à s'ériger en premier opposant de Joe Biden, il a critiqué la politique de l’actuel locataire de la Maison Blanche en matière d'immigration et de sécurité à la frontière avec le Mexique, reprochant aussi à son successeur la lente réouverture des écoles fermées en raison de l'épidémie de coronavirus.

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"Joe Biden a connu le premier mois le plus désastreux de tous les présidents de l’histoire moderne", a dit Donald Trump, alors que les derniers sondages d'opinion sont pourtant plutôt favorables au nouveau président.

L'administration Biden avait clairement fait savoir en amont de l'apparition de Donald Trump qu'elle prévoyait d'ignorer le discours de celui-ci. "Nous ne nous concentrons certainement pas sur ce que dit le président Trump" à la Convention, avait déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, à la presse la semaine dernière.

Avec Reuters