«Le retour d’une diplomatie américaine humaine»

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Nouveau Conseil européen sous le signe de la pandémie et en vidéoconférence pour ce rendez-vous du mois de mars. Avec un événement rare dans la relation transatlantique : la participation, ce jeudi 25 mars en soirée, de Joe Biden. Avant lui, seuls deux présidents en 20 ans ont rencontré les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ensemble : Barack Obama en avril 2009 et George Bush en juin 2001. Entretien avec Marissa Scott-Torres, porte-parole du secrétaire d’État américain Antony Blinken

RFI : Quel est le sens, le message de cette présence du président des États-Unis face aux Vingt-Sept ?

Marissa Scott-Torres : Le message est simple. Nous continuons de soutenir l’objectif d’une Europe unie et libre. Les États-Unis se sont pleinement engagés au sein de l’Otan. Et nous saluons l’investissement croissant de l’Europe dans les capacités militaires qui rendent possible notre défense commune. L’Otan, c’est essentiel pour maintenir l’ordre international fondé sur des règles et relever les défis mondiaux troublés par l’Iran, la Russie et la Chine.

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Des pays comme la Chine et la Russie ont misé sur la diplomatie du vaccin en exportant des millions de doses dont une partie de leur réserve. À contrario, si on fait exception de l'annonce d'envoi de doses au Canada et au Mexique, l’administration Biden s’est concentrée sur son approvisionnement national. Pourquoi les États-Unis ne misent-ils pas, eux aussi, sur une diplomatie du vaccin ?

N’oubliez pas que nous avons donné deux milliards de dollars au Covax pour distribuer des vaccins partout dans le monde. Nous entendons résolument travailler régulièrement avec les alliés pour lutter contre le Covid-19 mais aussi le changement climatique, et d’une manière générale face aux menaces qui touchent tout le monde, les ingérences étrangères dans les processus électoraux, les reculs démocratiques, la résurgence de l’autoritarisme, etc.

Les États-Unis se sont coordonnés avec les Vingt-Sept pour des sanctions suite à l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, est-ce que vous jugez qu’il faut aller plus loin, est-ce que par exemple vous attendez de la part des Allemands une suspension définitive de Nord Stream 2, ce gazoduc qui doit transporter du gaz russe de Russie à l’Allemagne en contournant l’Ukraine ?

L’emprisonnement d’Alexeï Navalny pour des motifs politiques, les efforts déployés par les Russes pour supprimer la liberté d’expression et de réunions pacifiques donnent lieu à une profonde inquiétude chez nous et au sein de la communauté internationale. Comme tous les citoyens russes, monsieur Navalny possède des droits en vertu de la Constitution russe, il doit être libéré immédiatement et sans conditions.

Sur le sujet du gazoduc, en diplomatie il y a des conversations qui sont plus difficiles, qui exigent un niveau de diplomatie et de négociations qui sont plus délicates. À ce niveau nous commençons tout juste les conversations

Votre administration est confrontée à sa première crise migratoire. 100 000 migrants illégaux interpellés en février. Vous répétez que la frontière est fermée, mais ça ne tarit pas le flux des migrants. Les républicains se sont emparés de cette crise. Quelles sont les pistes de solution ?

C’est vraiment une question difficile. En tout cas, il y a un message que le président américain veut que le monde entende : c’est que l’Amérique est de retour, la diplomatie est de nouveau au centre de notre politique étrangère. Ça n’était pas le cas durant la dernière administration. Ce que vous allez voir, pendant l’administration Biden, c’est une diplomatie qui exige du partenariat, qui est multilatérale, mais aussi humaine.

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