De retour au Mali, Sophie Pétronin critiquée par une partie de la classe politique

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MALI - L’ancienne otage française Sophie Pétronin s’est défendue mercredi 3 novembre d’avoir agi de manière irresponsable en retournant au Mali, où elle dit être “chez elle”, alors que le gouvernement français a vivement critiqué cette décision et que les réactions indignées fusent, en particulier à droite (comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus).

“Pourquoi irresponsable? Je suis chez moi ici”, a dit Sophie Pétronin au téléphone à un correspondant de l’AFP. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait peu auparavant dénoncé une “forme d’irresponsabilité” de la part de Sophie Pétronin, vis-à-vis de “sa sécurité” mais aussi vis-à-vis “de la sécurité de nos militaires”.

Face aux critiques, son fils Sébastien Chadaud-Pétronin a pris la défense de sa mère. “Elle n’a pas décidé de retourner auprès de ses bourreaux, a-t-il affirmé sur BFMTV jeudi 4 novembre. Elle est aussi partie retrouver sa fille.”

“Elle a passé 6 mois avec moi à Neuchâtel et elle était très malheureuse. Elle a passé 20 ans de sa vie à Bamako. Sa vie est là-bas (...). Elle cherche où est sa place. Elle voudrait juste que tout le monde l’oublie”, a encore jugé le fils de l’humanitaire.

“Du respect pour nos soldats”

Car depuis la révélation de sa présence au Mali, les réactions indignées pleuvent à l’égard de Sophie Pétronin. À commencer par le gouvernement. “Nous avons des soldats qui ont été tués dans le cadre d’opérations pour aller secourir des otages qui avaient été faits prisonniers dans des pays étrangers”, a souligné Gabriel Attal, qui a demandé du “respect pour nos soldats”.

“Elle a fait un choix qui est une insulte à notre pays”, a commenté la députée LREM Aurore Bergé jeudi 4 novembre au matin sur BFMTV. “Ce qu’elle fait, c’est une insulte aux Français et à tous les soldats, leurs familles dont certaines sont endeuillées. C’est une insulte à l’égard des gens qui se sont mobilisés pour sa libération”, a jugé l’élue des Yvelines.

″À partir du moment où elle est repartie en enfreignant toutes les règles, s’il lui arrive quelque chose, ce n’est plus notre problème”, a-t-elle ajouté.

“Qu’elle prenne la nationalité malienne”

Même son de cloche à droite. “C’est une trahison”, a lâché Bruno Retailleau sur FranceInfo. “Qu’elle prenne la nationalité malienne, plus un soldat français ne doit mettre sa vie en jeu pour la sauver”, a conclu le président du groupe LR au Sénat.

À gauche, le porte-parole du PS Boris Vallaud n’a pas masqué son embarras. “Je dirais à tout le moins que ça laisse circonspect, dans une forme d’incompréhension”, a-t-il commenté sur Sud Radio. “J’ai compris qu’elle vivait mal son retour auprès de son fils qui vit en Suisse... J’ai besoin de comprendre”, a-t-il ajouté.

“Elle est cinglée”

Du côté de l’extrême droite, les réactions sont virulentes. La candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen a exprimé son indignation, jugeant le comportement de l’ex-otage “pas seulement irresponsable et ingrat”, mais aussi “indécent et indigne”. “200 djihadistes ont été libérés pour sauver Mme Pétronin de sa captivité. Ces ennemis de la France ont pu reprendre les armes contre nos soldats qui exposent leur vie pour notre sécurité”, a-t-elle souligné.

Interrogé sur Sud Radio, le marie RN de Béziers Robert Ménard n’a pas mâché ses mots: “Elle est cinglée! Qu’elle y reste, au Mali! Et j’espère qu’il ne viendra à l’idée de personne de s’occuper d’elle si les djihadistes en question la récupèrent.”

“Aucun homme, aucun Français ne mérite de prendre des risques pour une bouffonne pareille, a lancé Sébastien Chenu sur BFMTV. Elle veut vivre au Mali, elle veut vivre avec ses bourreaux, elle s’est convertie, elle est heureuse là-bas, qu’elle y reste.” Depuis la libération de Sophie Pétronin, le journaliste français Olivier Dubois, disparu début avril au Mali et réapparu depuis dans une vidéo, est otage d’un groupe jihadiste.

À voir également sur Le HuffPost: “Le Prix du sang” raconte le choc psychologique subi par les militaires français en opérations

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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