De retour après l’attentat de mai dernier, Fico félicite Orban pour avoir rendu visite à Poutine

C’est ce qu’on appelle un retour sur scène fracassant. Vendredi 5 juillet, presque deux mois après avoir été gravement blessé par plusieurs coups de feu tirés à son encontre, Robert Fico, apparaissait en public pour la première fois. Le Premier ministre slovaque “livrait un discours pour célébrer les racines chrétiennes et slaves de son pays”, rapporte le média bruxellois Politico, et dans ce cadre, il a prononcé une phrase qui n’est pas passée inaperçue dans les médias occidentaux.

“Je tiens à exprimer mon admiration au Premier ministre hongrois pour s’être rendu à Kiev et à Moscou sans hésiter, a déclaré Fico, dont les déclarations sont relayées par la Deutsche Welle. Si mon état de santé m’avait permis d’y aller, j’aurais aimé me joindre à lui.”

Pour rappel, le voyage de Viktor Orban en Russie, vendredi 5 juillet, dans le cadre duquel le dirigeant hongrois a rencontré Vladimir Poutine, a déclenché une vague de protestation de la part des autres leaders européens. Ceci, car Budapest ayant assumé la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, cette initiative aurait pu être perçue comme représentative d’une ouverture du bloc vis-à-vis de Poutine.

Une lecture des choses que de nombreux dirigeants du Vieux continent ont tenu à démentir, en fustigeant l’initiative d’Orban, qui a néanmoins reçu un soutien de taille, en la figure de Robert Fico. Voilà qui n’est pas si surprenant lorsque l’on sait que les deux leaders d’Europe de l’est “sont considérés les plus proches alliés de la Russie au sein de l’UE, la Hongrie et la Slovaquie ayant toutes deux refusé de fournir de l’aide militaire à l’Ukraine”, rappelle le média allemand.

Néanmoins, avec cette visite “surprise” au chef du Kremlin, Orban “a fait monter d’un cran le défi à l’UE, estime de son côté le Corriere della Sera, et on peut désormais entrevoir la ligne de fracture qui risque de briser l’Europe dans ces prochains mois.”

De toute évidence, Fico semble décidé à se ranger du côté du leader du Fidesz, qui, rappelle le média italien, “travaille à la création d’un nouveau groupe d’extrême droite au sein du parlement européen”. Les députés du Smer, le parti de Fico qui a été suspendu du groupe socialiste et figure actuellement parmi les “non-inscrits”, seront peut-être tentés de rejoindre le nouveau groupe d’Orban au sein de l’hémicycle strasbourgeois.

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