Retour aux affaires : Poutine referme la page du virus pour relancer sa réforme constitutionnelle

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« La situation est stabilisée, nous revenons à la vie normale », a annoncé le président russe Vladimir Poutine le 1er juin, au cours d’une visioconférence avec les dirigeants de la Commission centrale électorale et certains membres du groupe de travail sur les amendements à la constitution, retransmise à la télévision le 1er juin.

En clair : le coronavirus est maîtrisé, revenons aux choses sérieuses, c’est-à-dire le vote sur les amendements à la constitution, initialement prévu le 22 avril, et reporté à cause du Covid-19. Après avoir consulté la responsable des services sanitaires Anna Popova, et la présidente de la Commission centrale électorale, Ella Pamfilova, qui n’ont pas fait d’objections, Poutine a fixé au 1er juillet le vote qui doit légitimer le fait qu’il puisse rester président jusqu’à 2034. Un scrutin en réalité symbolique, car comme l’ont souligné d’éminents constitutionalistes locaux, la réforme est de fait déjà entrée en vigueur, depuis sa signature le 14 mars dernier par Poutine, après le vote quasi-unanime des deux chambres du Parlement russe, et son adoubement par la Cour constitutionnelle une semaine plus tard.


L'électorat âgé, coeur de l'électorat de Poutine

Qu’importe ! C’est formellement à la demande de ses concitoyens que la règle constitutionnelle limitant à deux les mandats présidentiels doit être changée, afin que Poutine puisse rempiler, comme l’avait imploré la première femme cosmonaute et députée du parti présidentiel Russie unie Valentina Terechkova, 83 ans. Et cette demande doit être confirmée par un vote. Ordre a été donné de lancer la campagne, et de fixer les modalités du vote. Afin de permettre aux plus âgés, le noyau de l’électorat poutinien, de se rendre aux urnes, pandémie oblige, le vote sera étalé sur les six jours précédents le 1

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