Restitution des objets culturels africains : l'Allemagne au milieu du gué

Par Marlène Panara
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La restauratrice Roxane Julie von der Beek répare un tambour malien au Musée ethnologique de Berlin.
La restauratrice Roxane Julie von der Beek répare un tambour malien au Musée ethnologique de Berlin.

C'est le dernier-né des musées européens. Après vingt ans de développement, le Humboldt Forum a ouvert, virtuellement, ses portes le 16 décembre dernier. Situé sur l'île des Musées, au c?ur de Berlin, dans l'ancien château des rois de Prusse reconstruit à l'identique, l'édifice se veut transfuge des cultures du monde. Problème : une grande partie de sa collection, soit plus de 20 000 pièces, dont la plupart sont issues du musée ethnologique de Berlin, est constituée d'objets récupérés à la suite de pillages effectués au sein de possessions allemandes quand l'Allemagne était une puissance coloniale, après la Conférence de Berlin de 1885. Autant dire que ces expositions en déconcertent plus d'un au moment où, chez les voisins français et belges, le débat sur la restitution des ?uvres d'art bat son plein.

Un peu d'histoire coloniale pour comprendre

Replaçons-nous dans le contexte. Jusqu'au traité de Versailles de 1919 ? date à laquelle les colonies allemandes, sous la tutelle de la Société des nations, deviennent des territoires sous mandat administrés par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ?, l'Allemagne dispose de territoires sur le continent africain. Il y a le Sud-Ouest africain, l'actuelle Namibie, l'Afrique orientale allemande qui regroupe la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda, mais aussi, en Afrique centrale et de l'Ouest, le Kamerun et le Togoland. Le Kamerun deviendra le Cameroun anglophone des indépendances, et le Togoland sera rattaché au G [...] Lire la suite