Restitution de biens culturels: le Sénat veut une instance dédiée

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Le Sénat doit se prononcer sur la restitution de biens culturels au Sénégal et au Bénin, propose la création d'une instance dédiée, pour "mieux encadrer scientifiquement, dans le futur, ce type de procédures"

Restitution de biens culturels: le Sénat veut une instance dédiée

Le Sénat doit se prononcer sur la restitution de biens culturels au Sénégal et au Bénin, propose la création d'une instance dédiée, pour "mieux encadrer scientifiquement, dans le futur, ce type de procédures"

Le Sénat à majorité de droite, qui doit se prononcer mercredi, après l'Assemblée nationale, sur la restitution de biens culturels au Sénégal et au Bénin, propose la création d'une instance dédiée, pour "mieux encadrer scientifiquement, dans le futur, ce type de procédures".

Les députés ont approuvé à l'unanimité, début octobre, en première lecture, le projet de loi permettant ces restitutions.

Le transfert au Bénin porte sur 26 pièces du "Trésor de Béhanzin" provenant du pillage du palais d'Abomey en 1892. Elles sont aujourd'hui au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris.

Le Sénégal doit récupérer un sabre et son fourreau attribués à El Hadj Omar Tall, grande figure militaire et religieuse ouest-africaine du XIXème siècle. Détenu par le Musée de l'Armée à Paris, ce sabre est exposé à Dakar dans le cadre d'un prêt de longue durée.

Le projet de loi répond à une volonté de refonder les relations culturelles avec l'Afrique exprimée par le président Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou.

"C'est une loi d'exception qui va déroger au principe d'inaliénabilité des collections des musées nationaux français", a souligné la rapporteure centriste Catherine Morin-Desailly auprès de l'AFP. 

Les critiques ont fusé en commission sur la "méthode". "Ce texte n'est que l'habillage juridique du fait du prince", a jugé le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, tandis que pour Pierre Ouzoulias (CRCE à majorité communiste), le Parlement "a été traité comme une caisse enregistreuse".

C'est précisément pour éviter la reproduction de tels "faits du prince" à l'avenir que la rapporteure propose la création d'un "Conseil national chargé de réfléchir aux questions de circulation et de retour d’œuvres d'art extra-occidentales".

Cette instance consultative aurait pour rôle d'"éclairer la décision politique", a précisé la rapporteure à l'AFP, défendant "un outil d'aide, pour vraiment encadrer les choses et qu'elles soient faites de manière respectueuse". Il s'agirait aussi "de faire un peu de prospective", ces restitutions s'inscrivant dans un "mouvement international qui prend de plus en plus d'ampleur", comme l'a relevé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot.

Cette proposition d'une instance dédiée est très largement soutenue par les sénateurs de droite comme de gauche, mais le gouvernement y est opposé, estimant qu'elle ferait "doublon" avec les travaux scientifiques des musées et responsables de collections.

La rapporteure a aussi apporté plusieurs précisions à la rédaction du texte. Elle a ainsi substitué au verbe "remettre" utilisé dans le texte initial le terme "transférer". "Chaque mot est important", souligne-t-elle.

vm/ib/dlm