"Ce qui reste des hommes" de Vénus Khoury-Ghata : l'humour et le loufoque pour conjurer l'insupportable solitude

Valérie Oddos
·1 min de lecture

Avec Ce qui reste des hommes (Actes Sud), un bref roman à l'écriture dense, la poétesse et romancière franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata aborde les thèmes graves de la solitude, de la vieillesse, de la perte avec humour et dérision.

Diane, une femme d'un âge certain qui ne sera pas dévoilé, envisage sa disparition et décide d'acheter une concession au cimetière. Elle commande une pierre en marbre rouge, "comme la poitrine du rouge-gorge qui t'a regardée avec insistance ce matin à travers ta fenêtre". C'est une tombe pour deux, et il lui prend l'idée farfelue de retrouver parmi les quelques hommes qui l'ont aimée celui qui voudra bien lui tenir compagnie sous la terre.

"Divorcée, veuve et sans enfants, tu as perdu de vue les rares hommes qui t'ont aimée. Ta mémoire en a gardé quatre. Pas énorme pour une vie." (p. 7)

Le roman est écrit à la seconde personne, comme pour mettre à distance le personnage de la narratrice. Celle-ci, pour faire face à la solitude, "insoutenable", s'est réfugiée dans l'écriture, pour faire revivre ses morts dans ses romans.

En haut de la liste des hommes de sa vie, il y a Paul, le mari, trop tôt disparu et "inhumé dans une tombe appartenant à des amis où tu n'auras pas ta place".

Et puis un "grand homme" qu'elle a abandonné et dont la veuve lui envoie l'urne funéraire. Ne sachant qu'en faire, elle la place sous l'évier de la cuisine, avec les produits d'entretien. Et encore l'éminent sinologue, qu'elle ne pouvait accueillir chez elle parce qu'il (...)

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