"On reste sur notre faim": les syndicats de police mitigés à leur sortie du Beauvau de la sécurité

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Le secrétaire général délégué du syndicat d'Unité-SGP police Grégory Joron le 27 mai 2021 à Paris. - BFMTV
Le secrétaire général délégué du syndicat d'Unité-SGP police Grégory Joron le 27 mai 2021 à Paris. - BFMTV

Leur sortie du ministère de l'Intérieur est amère. Les syndicats de police se sont exprimés ce jeudi à l'issue de ce Beauvau de la sécurité qui s'est tenu ce matin en présence de Gérald Darmanin mais également d'Éric Dupond-Moretti.

Une réunion qui avait des airs de confrontation entre les syndicats et le ministre de la Justice, accusé par ces derniers de laxisme face aux agresseurs des forces de l'ordre. De son côté, le garde des Sceaux a dénoncé des "débordements" au cours du rassemblement policier qui s'est tenu le mercredi 19 mai devant l'Assemblée nationale.

"Est-ce que c'est satisfaisant? Non"

Reçus pendant cinq heures par le locataire de Beauvau et celui de la place Vendôme, les syndicats ont pu crever l'abcès après la déclaration de la semaine dernière de la part du syndicat de police Alliance, estimant que "le problème de la police, c'est la justice".

Du côté d'Unité-SGP Police, on salue un "échange intéressant" au cours duquel on été concédés des avancées: "le garde des Sceaux s'est engagé à faire des circulaires au sein du ministère de la Justice pour requalifier le terme guet-apens et les peines qui vont avec... Ce sont des petites choses mais qui sont importantes", a déclaré Grégory Joron à sa sortie du ministère.

"On reste sur notre faim mais je ne désespère pas", ajoute le secrétaire général délégué d'Unité-SGP Police. "Est-ce que c'est satisfaisant? Non. Est-ce que c'est frustrant? Un petit peu. Est-ce qu'on espère un peu mieux? J'espère que oui et on se battra pour."

Selon le syndicaliste, le ministre de la justice leur a assuré que "la porte (était) ouverte visiblement du côté de la Chancellerie". "On saura la pousser pour aller lui parler", a-t-il affirmé.

"Pas de signal fort"

Une déclaration qui a tout d'une "plaidoirie", pour Fabien Vanhemelryck, affirmant avoir déjà sollicité à plusieurs reprises le garde des Sceaux mais n'ayant jamais été reçu par ce dernier. Le secrétaire général d'Alliance-Police nationale a pour sa part déploré que rien ne soit annoncé du côté du ministère de la Justice.

"Le signal donné, c'est un discours chloroformé qui fait qu'on y arrivera pas, qu'on continuera à avoir des drames, à avoir une situation calamiteuse et des collègues agressés sur le tapis", a poursuivi Fabien Vanhemelryc. Et de regretter: "on a toujours pas de signal fort envers les individus et les agresseurs de policiers."

Le secrétaire général d'Alliance, s'il estime que Gérald Darmanin a "pris conscience" des difficultés et du sentiment d'insécurité des policiers, a néanmoins déploré le rôle du ministre, à savoir de "ménager la chèvre et le chou" entre les syndicats et le ministre de la Justice. "La solution, ils ne l'ont pas apporté et je ne vois pas comment ils peuvent l'apporter", a finalement conclu le syndicaliste.

Article original publié sur BFMTV.com