Reste à charge zéro : les retraités vont payer le prix fort

Daniel Rosenweg
La réforme du reste à charge zéro doit permettre à ce que certaines dépenses en dentaire, optique et prothèses auditives soient remboursées à 100%

Le ministère de la Santé assure que la réforme majeure sera indolore pour les assurés. Mais une étude prédit un gros coup de bambou pour… les retraités.

C’était l’un des promesses de campagne du candidat Macron. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécu, l’Assemblée nationale examine à partir du 23 octobre la réforme du reste à charge zéro grâce auquel certaines dépenses en dentaire, optique et prothèses auditives seront remboursées à 100 % et ce, sans hausse en principe des tarifs des complémentaires santé.

Promesse « intenable », assure une étude du cabinet conseil en assurance santé Santiane.fr, que nous publions en exclusivité, car les complémentaires santé affirment être obligées de répercuter sur leurs assurés tout ou partie des remboursements supplémentaires liés à la mesure. Santiane prédit même une hausse moyenne des tarifs des complémentaires de 6,8 % au terme des trois ans de déploiement du dispositif.

Basée sur la consommation de soins de 100 000 clients durant deux ans, l’étude se concentre sur les contrats individuels - 50 % du marché ! - dont bénéficient, entre autres, tous les retraités. Résultat : « Pour les seniors, gros consommateurs de soins dentaires et d’appareils auditifs, la hausse moyenne de cotisation sera de 9,3 %, résume le PDG de Santiane.fr, Pierre-Alain de Malleray. Pour les moins de 60 ans, l’impact sera limité à + 2,5 % ».

 

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« Concrètement, précise Michael Trupin, directeur technique du groupe Santiane, un couple de retraités qui paye 170 euros par mois pour sa complémentaire santé individuelle verrait sa facture annuelle bondir de 192 euros. »

Avec l’objectif de faire passer de 30 à 50 % le taux de patients accédant aux prothèses auditives, la réforme devrait entraîner une hausse de 6,3 % du prix des contrats dédiés aux retraités. « On a aussi tablé sur une hausse des soins dentaires, précise Michael Trupin. Ils coûteront moins cher aux patients, il n’y a plus de raisons qu’ils y renoncent. » Quant à l’optique, si les (...) Lire la suite sur LeParisien.fr

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