Restaurer l'écosystème britannique à l'aide des bisons

Restaurer l'écosystème britannique à l'aide des bisons

C'est la première fois depuis des millénaires que le bison européen, plus gros mammifère terrestre sur le continent, va de nouveau pouvoir y vivre en liberté. Ce lundi, trois bisons ont quitté leur enclos pour arpenter les bois anglais, à proximité de la ville de Canterbury.

Le parc zoologique britannique du Wildwood Trust, situé au sud-est de l'Angleterre, est à l'origine de ce projet de réintroduction d'espèces. Pour l'heure, trois femelles bisons profitent de 55 hectares de bois. Le troupeau, voué à s'agrandir, aura bientôt accès à 200 hectares supplémentaires.

Contribuer au bien-être de l'écosystème

L'un des objectifs du programme - dont le coût s'élève à 1,1 million de livres sterling (1,3 million d'euros), est d'aider les écosystèmes britanniques face au changement climatique et au déclin de la biodiversité. "C'est incroyable que nous réintroduisons des bisons pour contribuer à restaurer les écosystèmes" confie Mark Habben, salarié du parc.

Brouter, manger de l'écorce, abattre des arbres, retourner le sol des bois, autant d'actions qui vont occuper ces mammifères sur leur nouveau territoire. Véritables "ingénieurs de l'écosystème", ces animaux génèrent de multiples bienfaits, aidant d'autres espèces à créer leurs habitats.

"Nous faisons cela pour restaurer l'environnement et restaurer la forêt anglaise et tout ce qui y prospère (...) car on ne veut pas utiliser de machines" mais plutôt des ressources "naturelles" complète Mark Habben.

Un troupeau voué à s'agrandir

Cinquante autres bisons ont été conservés en captivité et servent de base pour un programme d'élevage. Le trio qui vient d'élire domicile dans le Kent, comté d'Angleterre, est issu de leur descendance. La femelle bison, qui a vécu dans des enclos en Irlande et dans les Highlands écossais, sera rejointe par un taureau dans les prochains mois.

L'espoir est que l'arrivée du bison mâle fasse augmenter la taille du troupeau. Le site peut accueillir jusqu'à 20 pensionnaires pour le moment. Les bisons seront prochainement rejoints par des races anciennes de poneys, de cochons ou de vaches. "C'est un modèle que nous espérons déployer plus largement au Royaume-Uni", poursuit Mark Habben.

Les bienfaits du "rewilding"

Cette approche de conservation des écosystèmes appelée "rewilding" ("réhensauvagement" en français), apporte de nombreux bénéfices à la biodiversité. L'équipe du parc britannique Wildwood Trust espère que les activités naturelles des bisons permettront de restaurer la biodiversité de la forêt.

Outre Atlantique, leparc de Yellowstone, aux États-Unis, a réintroduit des loups en 1995 et en 1997. Leur absence, durant plus de 70 ans, a permis à une espèce de mammifère herbivore de pulluler : les wapitis, dépourvus de prédateurs, broutaient la végétation du parc à l'excès. Les végétaux peinaient alors à se développer.

Avec l'arrivée du loup, ce parc grand comme la Corse a vu le nombre de gros herbivores se réduire. Un nouvel équilibre entre prédateurs et proies a donné à la végétation l'occasion de se développer, ce qui a entraîné un regain de biodiversité : insectes, rongeurs et oiseaux ont repeuplé le parc, allant même jusqu’à changer la géographie physique du lieu... et tout ça, grâce au loup et à sa réintroduction.

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