Restaurer une identité culturelle meurtrie, principal enjeu de la restitution d'objets d'art

·2 min de lecture

La restitution des objets d'art pillés, spoliés ou détenus à tort, est devenue une préoccupation majeure pour les autorités muséales allemandes. La revue de presse Allemagne évoque quatre occasions données ou manquées de réparer l'histoire et d'en écrire un nouveau chapitre, car la procédure établit une nouvelle forme de lien entre la culture d'origine et l'établissement qui a accueilli, pour quelques années ou quelques siècles, ce qui a été arraché à son contexte pour devenir une pièce de musée.

On appelle "bronzes du Bénin" les sculptures ornant autrefois le palais du royaume du Bénin, pillées par les troupes britanniques en 1897 pour être vendues aux enchères. L'Allemagne, qui détient la deuxième plus grande collection de ces objets au monde, a décidé en avril 2021 d'engager un processus de restitution qui devra commencer dès 2022.
La délégation nigériane en visite à Berlin début juillet a pu constater que la mise en œuvre concrète de cette restitution commence à prendre tournure, rapporte la radio . Le Legacy Restoration Trust qui coordonne les discussions entre les deux pays se réjouit non seulement d'avoir pu rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, et la ministre adjointe déléguée à la Culture, Monika Grütters, ainsi que les conservateurs des différents musées participants, mais il s'est également rendu compte de leur véritable disposition à mettre en œuvre un travail commun sur le long terme. Après des décennies d'atermoiements, tant au niveau politique que muséal, et des années de pourparlers, le scepticisme prédominait côté nigérian, mais la feuille de route leur semble à présent solide et la confiance instaurée entre l'ensemble des interlocuteurs.
La transparence est désormais le maître mot des autorités muséales et diplomatiques allemandes. La plateforme en ligne détaillant tous les objets présents dans les collections allemandes, déjà bien alimentée, permettra aux représentants nigérians de désigner les pièces qu'ils désirent voir restituées. Ce processus sera progressif, car il ne s'agit pas de "laisser un vide" en privant l'Allemagne de l'ensemble de ces objets devenus "mondiaux", auxquels "beaucoup de gens sont attachés", explique Abba Isa Tijani, directeur de la Commission nigériane des musées et des monuments (NCMM).
Le musée destiné à accueillir les pièces restituées par les différents pays qui les détiennent actuellement n'est pas encore construit. L'Edo Museum of West African Art (EMOWAA), commandé à l'architecte br[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles