Restauration : quand la crise sanitaire force à mettre la clef sous la porte

La file d’attente devant l’établissement à Biot (Alpes-Maritimes) est trompeuse. Véronique Bouron ne fait plus de hamburger. Dans son restaurant, elle vend tout le reste : du sol au plafond, littéralement. Une vente aux enchères qui fait suite à la liquidation judiciaire de sa franchise. "Cela fait mal au cœur. On a appris qu’il avait ouvert juste en 2018. On se dit que l’on peut être les prochains", confient deux jeunes gens. Le restaurant, en difficulté, était déjà en vente avant le confinement. La transaction ne s’est pas faite. La gérante a tenu le coup grâce aux aides de l’État. Rembourser les créanciers "Je n’ai jamais eu autant d’argent dans la caisse que pendant cette période. Mais après il faut être réaliste, c’est décaler le problème. De toute façon, le propriétaire voulant avoir son loyer à terme à 100 %, j’allais m’endetter pour des années pour rattraper cela", indique Véronique Bouron. L’ancienne restauratrice a préféré déposer le bilan. Une cinquantaine d’enchérisseurs en terrasse, autant en ligne. En moins de deux heures, tout est vendu. La vente aux enchères aura rapporté 32 000 euros, une somme qui servira exclusivement à payer les créanciers. La première expérience de Véronique Bouron dans la restauration aura aussi été la dernière.