Restaurateurs : six mois sans rentrée d'argent

Dans un restaurant parisien, la salle reste désespérément vide et la terrasse semble abandonnée. Laurent Frechet, restaurateur, est résigné : il s'est fait à l'idée de ne pas pouvoir ouvrir le 20 janvier : "C'est triste, ça fait mal au cœur, mais on commence à être habitué, ça fait près de six mois, cumulés sur une année, on a pris l'habitude malheureusement de cet état de fait". Comme dans ces quatre autres restaurants, les cuisines sont à l'arrêt et ses 90 salariés sont au chômage partiel. Repousser les échéances Le restaurateur perçoit le fonds de solidarité mis en place par le gouvernement, mais cela ne suffit pas à payer ses factures. "Cette trésorerie est en grande partie liée à de la dette que j'ai contractée à travers les prêts garantis par l'État en juillet dernier, mais ce crédit ne cesse de fondre", explique le restaurateur. Le prêt garanti par l'État ne devra être remboursé qu'en 2022. Avant la crise, Laurent Frechet avait souscrit d'autres prêts pour des travaux, à rembourser dès le mois de mars. Il espère que l'État contraindra les banques à repousser les échéances.