Il est resté caché pendant 1500 ans : voici l'inestimable reliquaire en ivoire découvert sous l’autel d’une église paléochrétienne en Autriche

C’était une relique sacrée, mais ce coffret en ivoire a certainement été oublié sur place lorsque les habitants ont quitté leur village, une fois la région pacifiée par les Slaves.

Dans le sud de l’Autriche, des fouilles menées dans un ancien village romain ont permis de mettre au jour un objet tout à fait exceptionnel : une pyxide en ivoire, ornée de motifs inspirés de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Depuis deux ans, les chercheurs de l’université d’Innsbruck restaurent le coffret, d’une grande fragilité et incomplet. Enfoui pendant 1500 ans dans le sous-sol d’une église, il constitue un témoignage inestimable des débuts de la chrétienté dans le monde romain finissant, et des mouvements de populations qui marquent le passage de l’Antiquité au Moyen Âge.

Découverte en Autriche d’un exceptionnel reliquaire en ivoire

Depuis 2016, les archéologues de l’université d’Innsbruck fouillent une élévation dans la commune d’Irschen, en Carinthie. Dénommé Burgbichl, le site abritait un village dont les premières traces remontent aux 2e et 3e siècles de notre ère.

À cette époque, la Carinthie faisait partie de la province romaine de Norique (Noricum), et la vallée de la Drave (affluent du Danube), qui se trouve 170 mètres en contrebas, était une importante voie de passage vers la Méditerranée.

carte de la province romaine du Noricum
carte de la province romaine du Noricum

Carte de la province du Noricum au début de notre ère. Crédits : Ziegelbrenner / CC-BY-SA-3.0 / Wikimedia Commons

Les populations se réfugient sur les hauteurs

Au 4e siècle de notre ère, alors que la province, située aux confins de l’Empire – puisque délimitée au nord par le limes danubien –, est exposée de plein fouet aux avancées des « Barbares », les citadins se réfugient sur les hauteurs et fortifient leur habitat.

Burgbichl est ainsi construit en terrasses sur un plateau de moins d’un hectare, protégé par un mur de pierres et isolé de la vallée par des pentes abruptes.

Deux églises pour 200 à 300 habitants

Depuis le début des fouilles, les archéologues de l’université d’Innsbruck y ont mis au jour plusieurs bâtiments, dont deux églises paléochrétiennes. La population, regroupant 200 à 300 habitants, est en effet romaine, mais déjà chrétienne. La pratique d[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi