La ressemblance des sosies se voit aussi dans leurs gènes

Les chercheurs ont eu recours à une vaste collection de photos de sosies pour choisir les individus dont ils ont comparé les génomes.

Si vous avez un vrai sosie, il y a de grandes chances qu’il partage avec vous de nombreux gènes, révèle une étude espagnole publiée dans la revue . Pour établir un lien entre visages très semblables et leurs gènes sous-jacents, les chercheurs ont eu l’idée de faire appel à un artiste canadien, François Brunelle, qui collectionne depuis 1999 les photos de paires de sosies à travers le monde. Parmi ceux-ci, 16 sans aucun lien de parenté se sont avérés si ressemblants qu’ils ont paru identiques à trois logiciels de reconnaissance des visages (quatre exemples ci-dessous).

Parmi les sosies étudiés, 16 sans aucun lien de parenté se sont avérés si ressemblants qu’ils ont paru identiques à trois logiciels de reconnaissance des visages. Crédit : Manel Esteller / Cell Reports
Parmi les sosies étudiés, 16 sans aucun lien de parenté se sont avérés si ressemblants qu’ils ont paru identiques à trois logiciels de reconnaissance des visages. Crédit : Manel Esteller / Cell Reports

Crédits : Manel Esteller / Cell Reports

Les bases génétiques de la formation des visages

Pour neuf paires, la ressemblance s’est aussi retrouvée au niveau des gènes après analyse de leur génome. Pas moins de 158 protéines variant uniquement chez eux ont été trouvées, autant d’indices pour mieux comprendre les bases génétiques de la formation du visage. Certains de ces gènes étaient déjà connus pour jouer un rôle dans cette morphogenèse mais d’autres, précise Manel Esteller de l’université de Barcelone qui a dirigé l’étude, "pourraient affecter indirectement des traits typiques du visage comme la rétention des liquides, la répartition des graisses ou la texture de la peau". De plus, ces sosies avaient aussi tendance à partager certains comportements tels que le fait ou pas de fumer et d’avoir fait des études. Mais ce dernier point demande confirmation par une plus vaste étude.

Reconstruire un visage à partir d'un génome

Cette ressemblance entre sosies n’allait cependant pas jusqu’au niveau épigénétique, c’est-à-dire des marques réversibles de l’ADN qui modulent son expression, ni au niveau du microbiote intestinal qui influe sur notre métabolisme. "Nos résultats, les premiers obtenus à partir de sosies, contribuent aux nouvelles recherches sur les gènes déterminants les traits physiques du visage", explique Manel Estreller. Les études actuelles tentent plutôt d’associer des variants spécifiques du gé[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi