Les résidus de cigarettes resteraient sur les meubles et les vêtements pendant des années

La fumée tertiaire peut rester dans les maisons pendant plusieurs années (Getty Images) (Getty Images)

Selon une récente étude américaine, la fumée tertiaire liée aux cigarettes persisterait plusieurs années à l’intérieur d’une maison.

Vous pensiez qu'à partir du moment où vous ne sentiez plus l'odeur de tabac, il n'y avait plus de risque ? Peut-être pas. Selon une récente étude, la fumée tertiaire de cigarette peut rester plusieurs années dans les maisons et sur certaines surfaces. La fumée de cigarette peut être primaire, secondaire ou tertiaire. Dans le premier cas, elle désigne celle qui est inhalée directement par les fumeurs. La fumée secondaire est celle qui est responsable du tabagisme passif. La dernière, la fumée tertiaire, désigne les microparticules en suspension dans l'air qui se dépose sur les meubles, les tissus, etc.

Des chercheurs du Lawrence Berkeley National Laboratory (Berkeley Lab) du Département américain de l'énergie se sont intéressés à cette fumée. Ils ont constaté que la fumée tertiaire pouvait rester dans les maisons pendant plusieurs années et être mauvaise pour la santé. En effet, la nicotine - présente dans la fumée de cigarette - peut interagir avec une molécule présente dans l'air intérieur (l'acide nitreux). Il en résulte alors un résidu de trois composés donc deux sont des cancérigènes connus.

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La fumée part, le danger reste

La nicotine accumulée sur les surfaces domestiques peut générer en continu ces nitrosamines spécifiques au tabac (TSNA), longtemps après que la fumée a évacué la pièce. Les TSNA pénètrent dans le corps par de multiples voies. Ces derniers peuvent être respirés quand on se trouve dans un espace clos. Et le risque existe également pour les personnes qui ne fument pas mais qui vivent dans cet espace contaminé. Ces expositions cutanées peuvent se produire directement par contact cutané avec de l'air pollué ou une surface contaminée abritant des TSNA - par exemple, en dormant sur des draps enfumés. Ces conclusions ont été publiées dans la revue Environmental Science & Technology.

La co-auteur de cette étude Manuela Martins-Green, de l'UC Riverside, a souligné que "dans les conditions expérimentales utilisées, l'analyse des métabolites dans l'urine de souris a montré que, pour les deux composés, le contact cutané direct entraînait l'accumulation et la circulation dans le corps pendant sept jours après l'arrêt de l'exposition cutanée".

Alors, pour limiter au maximum le risque, il est recommandé de changer certains éléments de votre intérieur si la personne avant vous était un fumeur.

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